Quand le jersey se la joue vintage

# Patron Femmes d'aujourd'hui, n° 1295 du 25 février 1970

Dans la boutique du Fil amant, il y a tout un stock de patrons vintage.. Quand l’envie me prend d’y farfouiller, je sais que je vais y trouver mon bonheur.. Chacun son truc, moi j’adore farfouiller dans les vieilles revues de couture et les patrons vintage. Certains modèles sont de toute façon intemporels..

# Patron Femmes d'aujourdhui n° 1295, du 25 février 1970

Il y a quelques mois j’ai craqué sur ce patron de robe en jersey bicolore avec découpes arrondies, ou comme dit joliment sur le patron avec « garniture ». Il est issu de la revue « Femmes d’aujourd’hui » et daté du 25 février 1970… vrai vintage!! Le patron est dans une seule taille, 38, sans indication des mensurations. Le métrage est au moins donné: 1, 30 m et 1,00 m dans le tissu contrastant. Il comprend 11 pièces. Les explications sur les marges de couture sont un peu énigmatiques puisqu’il y a des lignes dites de piqûre indiquées et tout se comprend en fait une fois la technique de montage décryptée. Après mesures des différentes pièces au niveau de la taille et poitrine, j’ai quand même rajouté 1 cm de marge de couture (ceinture et bretelles) même si le tout paraissait pas mal large. J’ai également rajouté un bon ourlet vu que le modèle avait l’air assez court. Bon il n’y a pas d’indication de la taille du mannequin et je n’ai pas mesuré la longueur des pièces…

# Patron Femmes d'aujourd'hui, n° 1295 du 25 février 1970

Pour ce projet j’ai déterré un sweat d’été (French terry) acheté il y a des lustres au marché des Hollandais. Il est imprimé d’un motif indéfinissable et improbable, dans les tons de kaki et noir. Pour la partie centrale, je voulais absolument du noir pour trancher. J’en acheté chez Marie un mètre de jersey noir texturé avec motifs de chevrons.

Le montage de cette robe s’apparente un peu à un puzzle, y comprend au sens strict. J’ai bâti les pinces d’épaule et de poitrine des pièces du corsage, jusqu’ici tout va bien, et ensuite je me suis retrouvé avec tout un tas de pièces sans savoir comment les assembler. Les explications semblaient erronées dans la mesure où le corsage devait se fixer envers contre l’endroit de la pièce centrale (garniture). J’ai assemblé les deux pièces endroit sur endroit, avec pas mal de difficultés et d’embu à résorber. Le résultat était moche moche, ça fronçait partout puisque les pièces n’étaient pas de la même dimension. En relisant attentivement avec plusieurs paires d’yeux (merci Marie!), il s’est avéré que les pièces du corsage et de la jupe étaient posées avec la technique de l’appliqué sur la partie centrale, sur les fameuses lignes de piqûre (qui sont en fait des lignes de surpiqûre), située à 3 cm du bord.

Il fallait donc faire préalablement un rentré de toutes les pièces du corsage et de la jupe et les poser effectivement envers sur l’endroit de la pièce centrale. J’ai fait une ligne de bâti sur la partie centrale pour pouvoir ensuite y poser toutes les pièces, et bâti un ourlet d’un centimètre avec un fil hydrosoluble sur tous les arrondis du corsage et de la partie jupe. Une fois ce long travail de préparation, tout se posait parfaitement bien sur la ligne de bâti. J’ai constaté à ce moment là qu’en coupant au pli cette pièce, les chevrons n’étaient pas bien centrés. Bon comme dit Marie avec les boutons ça ne se verra pas, ou alors en marchant vite!! Et là j’ai commencé un peu à baliser parce que mine de rien, on avait rogné 6 cm de large sur le devant… Le dos est plus simple puisqu’il y a juste une ceinture.

J’ai bâti toutes les pièces de la robe et laissé une ouverture dans le dos. Le modèle est fermé avec un zip que je ne voulais pas poser. Bon alors je vous vois venir. Mais quand même il y a des arrondis partout sur ce modèle, des surpiqûres à tire-larigot sur du jersey, je n’avais pas envie de me rajouter une difficulté supplémentaire et un risque de zip gondolant sur la robe. Il faisait froid ce jour là et je n’avais pas envie de me désaper pour essayer la robe bâtie. Je l’ai donc mise, avec toutes les peines du monde sur Falbala. J’ai cru que toutes les coutures allaient craquer.. Ma Falbala est un peu plus ronde que moi mais quand même!! J’ai envoyé une photo à Marie qui m’a répondu que ce serait mieux sur mon dos.. Ce que j’ai fait.

Mes premières impressions: cette satanée encolure est tellement haute, même si on sait que c’est un problème récurrent sur les modèles vintage, que j’ai du mal à respirer et surtout, surtout, faut pas prendre un gramme de plus ou s’assoir (pas de tarte flambée ou couscous, non non!!). Verdict de Marie: la taille est trop basse, l’épaule idem et bien sûr faudra retravailler l’encolure.. Au cours suivant, après retouches conséquentes, j’ai dû tout débâtir, retailler dans la partie corsage (au niveau de la taille et de la ceinture) et refaire le travail de bâti. Les pinces étaient bonnes donc je les ai cousues au point légèrement zigzag. J’ai cousu les manches à la surjeteuse, sans les fermer. Dans la perspective de faire les surpiqûres par la suite, la robe devait rester ouverte sur les côtés. La ceinture ainsi remontée de plusieurs centimètres redonne de l’aisance à la robe.

Se posait ensuite les questions des surpiqûres. La recouvreuse était exclue à cause des arrondis, le pied étant trop large, il ne restait que la machine à coudre. J’ai testé quelques points sur des chutes et j’ai fait mon choix sur le triple point qui est esthétique et élastique. J’ai pris un fil vert ton sur ton, j’avais un peu peur de me louper sur ce coup.

Pour la première surpiqûre, j’ai utilisé le pied « avec mur » et déplacé l’aiguille pour piquer vraiment au bord. Curieusement, cette partie que je redoutais le plus c’est plutôt bien passé. Le point est régulier et suit bien les arrondis. La machine n’a pas fait d’histoire même à vitesse rapide. Normalement au vu des explications, il fallait ensuite faire un rentré sur l’envers de la partie centrale et surpiquer le tout, de manière à avoir une couture propre sur l’envers, façon couture anglaise. Au vu de l’épaisseur des tissus, j’ai laissé tout à plat et j’ai surjeté les extrémités de la partie centrale.

J’ai pas mal galéré pour retracer l’arrondi de l’encolure, merci Marie pour son aide et encouragement. Une version est prévue avec col, en fait c’est un double col. J’étais partante au départ pour le col mais j’ai préféré la facilité et je me suis contentée de redessiner la parementure à partir de la nouvelle encolure. La prochaine sera avec col(s).!!

# Patron Femmes d'aujourd'hui, n° 1295 du 25 février 1970

J’ai laissé une ouverture de 5 cm environ dans le dos, prise dans la parementure d’encolure, et j’ai posé un bouton avec une bride faite dans le même jersey. J’ai surpiqué l’encolure avec le même point triple pour rester dans la continuité et j’en ai fait de même pour les ourlets des manches et du bas de la robe, après avoir surjeté les bords d’ourlets. Une bande dans le tissu contrastant était prévu pour les manches mais j’ai fait l’impasse.

# Patron Femmes d'aujourd'hui, n° 1295 du 25 février 1970

Alors on ne va pas se mentir même si j’ai sorti les lunettes de soleil, ben il faisait moche moche et en plus il s’est mis à bruiner, mais pourquoi, pourquoi tant de haine??? Non mais j’y crois pas, il est vraiment pourri cet été!!

Pour les boutons, pas de mystère j’ai trouvé mon bonheur dans la collection de boutons vintage de Marie. Ils sont superbes mais j’ai eu du mal à les coudre sans qu’ils tournent.. Fait et défait… si j’ai le courage j’essaierai de les reprendre..

J’adore ce petit modèle de robe et nul doute qu’elle aura des petites sœurs avec manches longues ou en jersey un peu plus estival. Peut-être pour l’été prochain???

Allez bon week-end quand même au soleil ou sous la pluie…

Nathalie

Comments

  1. Je suis fan de ce modèle ! C’est très réussi. Comme toi dans les brocantes je furete à la recherche de vieilles revues vintage comme Femmes d’aujourd’hui que la mère et ma grand mère lisaient.
    J’ai des pépites Modes et Travaux pas encore exploitées à ce jour. Ça viendra.
    Bon dimanche

    1. Merci beaucoup Armelle!!! J’ai encore un bon stock de patrons vintage que j’espère bien tester prochainement. Il y a vraiment des pépites dans ce type de patrons.. Mais cette petite robe est une heureuse surprise et je suis déjà en train de réfléchir à de nouvelles versions.

  2. J’adore ce modèle très original. Et surtout cette robe te va super bien ! J’admire aussi tes capacités à déchiffrer les explications vintage 😉

    1. Merciii!!! Je n’ai pas beaucoup de mérite pour le déchiffrage des explications.. On s’y est mis à plusieurs!! Ce sont les joies des cours de couture..

    1. Oh merciiii!! et vraiment agréable à porter malgré tout. Pour les prochaines versions je rajouterai peut-être un peu plus sur les marges de couture latérales, histoire d’être tranquille..

  3. Elle est très originale cette robe ! Et bravo pour les ajustements. Mais tu ne nous as pas dit si comme ça tu peux entrer dedans sans trop te tortiller.

    1. Merci beaucoup Nabel!!! Alors oui j’avoue il faut un peu se tortiller pour l’enfiler mais sans trop forcer elle passe sans grand problème. C’est la magie de la maille!! Pour les prochaines versions je laisserai quand même une ouverture un chouia plus longue dans le dos.

  4. Ta robe est absolument magnifique de part son originalité et tes beaux tissus. Comme toi j’aime le vintage, et c’est le style de robe qui me sied le mieux. Depuis quelque temps aucun modèle sorti récemment ne me plait, il faut dire que ce n’est plus l’ère des robes ajustées, mais ça reviendra…

    1. Merci beaucoup. Je dois reconnaitre que ces tissus « modernes » ont bien joué le jeu du vintage. Il ne faut pas se limiter aux patrons récents, il y a tellement de belles choses et des modèles intemporels dans les patrons plus anciens. Faut juste farfouiller un peu à la découverte de beaux trésors…

  5. très classe cette robe, elle te va superbement bien. Les tissus sont très jolis et les jersey ont l’air d’avoir une bonne tenue.
    Dans ma jeunesse (lointaine) j’avais une robe de ce style et aussi bicolore.
    Bonne soirée.

    1. Merci merci!!!! Oui les tissus ont une bonne tenue, c’est du sweat d’été un peu plus lourd que du jersey à T.shirt, c’est parfait pour ce type de robe. Le jersey noir est assez épais et très élastique..

    1. Merci beaucoup!!!! Je craignais les emmanchures qui sont toujours très serrées sur les modèles anciens mais c’est passé sans encombre. L’encolure est néanmoins toujours à reprendre sur ce type de patrons si on ne veut pas s’asphyxier…

  6. Pun de pun que d’aventures ! J’adore le résultat. Le choix des tissus est parfait pour renforcer le caractère vintage de ce joli modèle. Tu es toute belle. Les détails techniques que tu nous donnes sont très intéressants. La méthode d’incrustation/application des empiècements est originale et sûrement pas tout à fait évidente à réaliser. En tout cas, tu t’es très bien débrouillée. Et les boutons sont juste parfaits. Passe de bonnes vacances.

    1. Merci beaucoup!! Les tissus se sont assez bien adaptés au modèle et j’ai adoré travaillé le côté « appliqué » des pièces. Sur du jersey classique ça risque de gondoler un peu mais là c’est resté bien à plat. Y en a eu des km de fils entre les bâtis et les surpiqûres!!
      Les vacances commencent enfin, nous avons fait notre (grande!) part de boulot-contrainte pour vider et nettoyer la maison de la belle-mère. Mais au moins dans le sud il faisait beau!!

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