I put a spell on you: Gilet ensorcelé

# Gilet Burda Style janvier 2013, modèle 114

En ce moment, je navigue dans la sorcellerie. Je me suis (re)fait tous les épisodes de Ma sorcière bien aimée (Bewitched) avec délectation!!! C’est une série bien ancrée dans son temps, femme au foyer qui doit s’occuper de son petit mari qui travaille, et des enfants, mais mais mais elle est dotée de super pouvoirs, comme nous (parfois) avec la couture!!! Alors bien sûr son mari lui a interdit de se servir de ses pouvoirs (ben voyons!) sauf en cas d’urgence et il faut dire quand ça l’arrange bien!!!! Ces derniers temps quand je me heurte à un problème insurmontable ou difficile à régler j’entends le générique espiègle de la série et je me dis si seulement je pouvais tout régler d’un coup de balai ou de nez magique!!!

Bien sûr il est aussi beaucoup question de sorts ou maléfices jetés au mari ou aux proches des protagonistes!! Et là sur ce projet couture, j’ai vraiment eu l’impression qu’un petit démon lui avait jeté un sort… Et j’ai aussi entendu résonner dans ma tête cette musique géniale et entêtante!!

Une envie de gilet

J’adore les gilets bien chauds pour l’hiver. Du temps ou j’achetais encore des fringues, j’avais acheté deux gilets longs parfaits pour des robes en hiver, avec un long col châle en mousseline. Ils ont été bien amortis, portés et lavés sans cesse. Et puis j’en ai flingué un avec un vilain trou de clope sur la mousseline à cause d’un coup de vent!!! Depuis j’ai toujours en tête d’en refaire un ou plusieurs dans le même genre.

J’ai farfouillé dans les revues Burda de Marie et je suis tombée sur ce modèle mi long, plutôt adapté à des tenues pantalons (janvier 2013, modèle 114). Le modèle est d’ailleurs disponible en PDF sur le site de Burda style pour celles qui n’ont même pas peur des sorts!! Il est disponible en deux versions, une courte (n° 113) et une longue (n° 114). Premier coup du sort, j’ai regardé trop rapidement le détail du patronage, mes yeux se sont focalisés sur le col en mousseline! Bingo que je me suis dit.. J’ai emprunté la revue et décalqué le patron.

Le sortilège des tissus

Marie n’avait pas de mousseline en stock mais nous sommes parties sur une combinaison de tissus qui pouvait bien fonctionner: un jersey vert uni et une jolie viscose très fluide avec des motifs de feuilles de palmier. Les planètes semblaient bien alignées mais mais mais.. Alors j’aurais dû m’en douter mais ce tissu vert j’en avais déjà bavé sur un autre projet (ici). Il avait un mauvais karma!!! D’habitude je suis assez superstitieuse pour ce genre de chose mais j’ai été envoûtée par la couleur et la texture de ce tissu..

Ce projet a été mis de côté du fait que j’étais lancée dans un projet de plus grande envergure. Puis comme mes super pouvoirs de couture étaient largement en berne ces derniers temps, je me suis dit: allez un gilet, projet simple et rapide!! Ce sera gratifiant et positif pour la suite.. mmmm… mmmm…

J’ai posé les pièces du patron sur les tissus et là catastrophe aucun des deux tissus n’était suffisant. Pour le tissu vert il manquait de quoi couper les manches, un peu ballot un gilet chaud sans manches!! Et la viscose était également trop courte.. Je suis repassée dans la boutique de Marie et il s’est avéré que la revue Burda s’était mélangé les pinceaux dans le métrage requis, entre les versions courte et longue. J’ai racheté de quoi couper mes manches et un autre morceau de viscose plus grand. Quand j’ai voulu couper les manches, le tissu était encore insuffisant. Il avait probablement rétréci au lavage (pdbdm: incantation qui ne sert à rien mais fait du bien sur le moment!). Il me manquait au moins 6 cm… J’ai replié l’extrémité du patron en me disant qu’il était toujours possible de contrecarrer ce petit sortilège avec des bracelets de manche..

# Gilet Burda Style janvier 2013, modèle 114

La viscose est très fuyante. Pour retrouver un semblant de droit fil, j’ai repassé et vaporisé du Fabulon, ce qui a permis de « stabiliser » le tissu.

Les diableries du patronage

Quand j’ai décalqué les pièces, j’ai bien vu que le patronage était assez inhabituel. Notamment la pièce de mousseline qui est censée constituer le col, est gigantesque comme on peut le voir sur le dessin technique. En fait la pièce de mousseline est de la même dimension que chaque pièce devant, à laquelle se rajoute une partie col.

J’ai lu et relu les explications mais je voyais pas vraiment comment le tout s’agençait correctement, surtout dans la perspective du raccord des deux tissus et de la finition col. Je pensais que cette grande pièce se plierait en deux pour le col mais non! Non seulement le devant et la partie mousseline ne sont pas solidarisées (si ce n’est à la couture de côté et manche) mais aucune explication n’est donnée sur la finition des deux parties.

La fermeture du col est un vrai casse-tête avec un système de parementure qui vient plus compliquer les choses qu’autre chose: « Plier la parementure dans sa longueur, l’endroit à l’extérieur, repasser, l’épingler sur le bord d’encolure, par-dessus le col, sa pliure dans le vêtement, à 1 cm de la ligne de couture. Piquer sur la ligne de couture. Recouper les surplus de couture. Rabattre la parementure sur l’envers. Surpiquer à 7 mm le long du bord d’encolure dos ». Non mais franchement!!!

Reverse the curse!!!!

J’ai décidé d’enfourcher mon balai de sorcière pour tenter de trouver une formule magique contre ce sortilège!! Après avoir bâti plusieurs fois, j’ai opté pour le montage initial des pièces mais avec des finitions à ma sauce. Les deux pièces devant (de chaque côté) sont assemblées endroit de la mousseline / viscose sur l’envers du gilet et solidarisées par un bâti au fil hydrosoluble sur les coutures de côté et des emmanchures. Comme j’avais beaucoup d’épaisseur et des marges à 1,5 cm, j’ai surjeté les bords et cousu à la machine. Pourquoi faire simple quand on peut faire plus long et compliqué!!

J’ai ensuite assemblé le dos aux pièces devant et cousu le col en viscose sur la partie col du dos. Pour cacher cette couture et éviter que tout se déplie vu l’ampleur de la pièce en viscose, j’ai replié la viscose sur le col et fait une couture la main, juste sur la partie col. Merci à Marie pour cette solution !! Les ourlets du gilet (devant et ourlet) ont été également faits à la machine.

J’ai bâti les manches pour voir comment le tout tombait. Selon Marie l’épaule était trop large et il faudrait remonter la manche. Quand j’ai essayé le tout, il y avait une bonne nouvelle et une moins bonne!! Bon certes l’emmanchure est un peu bizarre et l’épaule un peu basse mais la longueur des manches était suffisante y compris pour faire un ourlet d’au moins 3 cm!! Là j’ai décidé que c’était tout bon et j’ai cousu à la surjeteuse. Les trois épaisseurs sont passées certes avec quelques ronchonnements mais en y allant doucement…

Par contre les deux devants du gilet me paraissaient de longueur différente. Alors c’est vrai que j’ai une différence d’épaules assez conséquente mais quand même!! Même en me mettant bien droite devant le miroir et en tirant à droite et à gauche y avait comme un gros défaut!! J’ai bien épinglé les deux devants et j’ai constaté une grosse différence. Ne me demandez pas d’où ça vient, je n’en ai pas la moindre idée. Les pièces ont été coupées ensemble et les marges de couture respectées. Certainement un dernier coup de sort d’un lutin ou leprechaun!! J’ai défait l’ourlet de la partie la plus longue et j’ai recoupé pour que ça retombe au même endroit..

# Gilet Burda Style janvier 2013, modèle 114

Les ourlets de la partie en viscose ainsi que le long de l’encolure ont été faits à la main. Alors oui, j’aurais pu faire un roulotté à la surjeteuse et régler les problème très rapidement mais vu que ces pièces étaient déjà raccordées au niveau du col cela me paraissait difficile de faire ça proprement… D’autant que j’avais déjà surjeté ces pièces (ben oui!) J’ai pris mon mal en patience et j’ai cousu à la main tous les ourlets. Bon là aussi cela me paraît asymétrique mais, parti pris, je n’ai pas recoupé!!

J’avais également décidé de solidariser chaque devant avec la partie viscose en refaisant une couture mais au dernier moment j’ai eu peur que cela tire sur la viscose. J’ai laissé en l’état pour le moment en me disant que je pourrais toujours refaire une couture après lavage et avoir porté le gilet. A priori le fait que les deux pièces ne soient pas totalement solidarisées n’est pas gênant.

Finalement mon balai magique m’aura permis de mener à bien ce projet et d’en faire une pièce confortable. Nul doute que ce gilet sera bien rentabilisé l’hiver prochain. Dans l’immédiat il est toujours d’actualité par ces temps frais. Bon on espère quand même que le printemps va revenir!!

Très bonne soirée..

Samantha euh… Nathalie

Comments

  1. Ah ! Burda aime bien les complexités ! Mais tu t’en es drôlement bien tirée, j’admire ta patience (moi, quand je vois mousseline ou viscose, je pense « tissu ch…. à coudre », et je passe…)!
    L’association des deux tissus est superbe. Bravo !

    1. Oui je sais mousseline et viscose sont ch.. à travailler mais le Fabulon ça marche bien. Faut juste laisser sécher avant de sortir les ciseaux!!
      Merci beaucoup!!!

  2. Quelques fois, le projet qu’on croyait facile présente des surprises, perso, je les nomme Boulet, car la réalisation est du genre à traîner, un vrai boulet.
    Je trouve que tu t’en sors très bien.
    Pour ce qui est de la couture d’épaule, ce printemps, je trouve que beaucoup de modèle, des sweats par exemple, ont des épaules « tombantes », donc cela n’est pas du tout choquant, au contraire tu es IN.
    Ton gilet est super chouette et donne l’illusion que tu as un chemisier ou une liquette en dessous : un faux ensemble.
    Bravo.

    1. Ah!! Ah!! Oui on était pas loin du projet boulet là… Le gilet a une forme large qui au bout du compte n’est pas désagréable et facile à porter sur un pantalon!!! Merci merci!!

  3. Tu as réussi à vaincre les mauvais sorts et à créer un vêtement ravissant. J’adore la combinaison des deux tissus et l’effet de légèreté donné par la viscose. En plus, les photos dans le jardin vert printemps sont tout à fait adaptées aux couleurs du gilet. Et tu as géré parfaitement les finitions. J’en atteste puisque j’ai personnellement scruté l’envers de la bête.

    1. Ah! oui j’ai eu droit à la « fashion police »!! J’ai cru voir la Tatie Onemei qui vient retourner les angles de mes nappes pour voir si je les ai cousus correctement!!! Bon allez je fais la même chose avec toi, c’est un juste retour des choses!!! J’adore l’imprimé de cette viscose et en plus elle ne froisse pas trop; peut-être les « chutes » serviront à un autre projet, pas boulet cette fois!!! On a le droit de rêver non?!

  4. Ah ah ah, le sort PDBDM qui sert à rien mais qui soulage !!! J’ai ri !
    & sinon, le résultat est super beau ! Tu as bien fait de conjurer le sort !

  5. Merci beaucoup Ysa!!! ça a failli devenir un projet boulet mais une fois qu’on a tranché dans le vif et qu’on sait enfin où on va, ça roule presque tout seul!!! Oh oui j’adore ce genre de sorts qui ne servent qu’à se faire du bien!!!

  6. Allez, on va dire que le prochain projet ressemblera à la devise dans l’Agence tous risques : « j’adore quand un plan se déroule sans accroc » 😉
    En tout cas, bravo pour avoir surmonté toutes les épreuves, le résultat est très sympa.
    Et j’ai bien rigolé aussi avec l’incantation pdbdm !

  7. En voilà un gilet extraordinaire !
    Bravo, il est super joli et printanier, nul doute qu’il sera souvent de sortie.

  8. Ce projet aurait pu être bien boulet. Mais tu t’en es sortie avec brio. Ce gilet est très réussi. Pourtant, il arrive que les projets Burda soient vraiment compliqués. Bravo pour ton travail et merci pour ce partage.

  9. Dommage que Samantha n’a pas pu t’aider sur ce coup-là ! 😉
    Mais finalement tu t’en es sorti toute seule et tu auras un joli gilet pour te tenir chaud !
    J’aime bien les tissus que tu as associé.

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