La récidive de la robe salopette

# Robe salopette Burda moden en février 1973

J’adore les robes salopettes mais jusqu’à présent je dois reconnaître que les associations patrons / tissus que j’ai testées n’ont pas été à la hauteur de mes espérances. J’avais commencé par le modèle Rydell, de la Jolie Girafe. Le modèle est très sympa mais le tissu employé (plus raide comme toile de tente tu meurs !!) n’a pas facilité les choses. Et je n’ai pas réussi à faire les finitions proposées du boutonnage côté. J’ai cousu une fermeture à glissière qui est un vrai désastre. J’ai la ferme intention de la reprendre et de la fignoler cette année.

Ensuite c’est un modèle de la Maison Victor que j’ai tenté, la robe Ulla. Je n’ai pas grand-chose à reprocher au patron mais je dois avouer que je n’ai pas porté très souvent cette robe. Il faudrait que je la réessaye.

Et puis, il y a quelques temps je suis tombé sous le charme d’un patron vintage, édité par Burda moden en février 1973. Deux versions sont présentées de cette « robe bretelle très jeune »: une en jeans et une autre en « synthetik jersey » avec des poches plaquées. Les deux versions sont très courtes : mi-cuisses. J’ai longtemps hésité entre reprendre ma version de Rydell ou tenter ce modèle vintage. L’attrait de la nouveauté l’a emporté. Elle avait tout pour plaire cette robe et pourtant elle s’est avéré un véritable projet boulet.

Un patron vraiment original

Je ne résiste pas à l’envie préalable de vous parler des anciennes revues Burda moden. Tout d’abord, elles ont un grand format (A4) et elles sont beaucoup plus volumineuses que nos revues actuelles, une centaine de pages pour la revue de février 1973. Il n’y a pas encore de vue d’ensemble des modèles avec les schémas techniques. Outre des pubs bien rétro, voire kitch, la revue comprend également quelques patrons enfants, des modèles de broderie, tricot, crochet, l’horoscope et même des recettes de cuisine. C’est en fait la parfaite revue de la bonne ménagère !! Elle reste néanmoins toujours aussi avare en patron homme..

La revue est uniquement en allemand mais elle contient outre les planches patrons, deux suppléments avec les explications et marche à suivre, dont un livret en français, ouf.. Même les recettes de cuisine sont traduites ! Bon faut pas délirer non plus, les explications sont tout aussi rudimentaires qu’à l’heure actuelle mais assez compréhensibles, entendez phrases simples et courtes. Pas de schéma pour le montage, juste les plans de coupe. Mais mais mais, il y a aussi un pas à pas dans la revue pour le modèle qui nous intéresse, certes uniquement en teuton mais avec des photos pour le montage.

Les planches patrons paraissent cauchemardesques à première vue, pire qu’une carte routière d’état-major, surchargées d’indications uniquement en allemand mais chaque taille de modèle est représentée de manière isolée. Ce qui, au bout du compte, permet de décalquer assez facilement les modèles souhaités. Le livret explicatif en français contient un lexique et une traduction des indications en allemand.

Pour en revenir à la robe salopette, le patron existe en 34, 36, 38/40 et 42. Le patron a été validé en 38/40 sans modification si ce n’est la longueur. Ce qui m’a séduit dans ce patron c’est la forme globale de la robe et les surpiqûres sur la bavette et la jupe. Décidément, je deviens accro aux surpiqûres !!! Elle est fermée dans le dos par une fermeture à glissière. A noter qu’il y a une erreur dans le montage des bretelles. Sur la photo les bretelles sont croisées dans le dos mais pas dans le schéma technique ci-dessous. Le patron comprend cinq pièces

# Robe salopette Burda moden en février 1973

Des tissus de toute beauté mais..

J’avais en réserve quelques velours milleraies. J’ai finalement opté pour un de ces tissus avec des motifs floraux sur fond violet, acheté il y a des lustres en Allemagne. Le tissu est assez raide avec un léger taux d’élasticité. Pour une raison que j’ignore, j’en avais acheté trois mètres, donc largement de quoi faire. J’ai choisi le sens du tissu en fonction des motifs et peut-être est-ce la source des problèmes que j’ai eu par la suite.. Impossible de faire des raccords sur la partie jupe devant au vu de la forme du patron. Au bout du compte cela ne s’est pas avéré problématique.

J’avais décidé de faire la version avec poches. Et à cette fin, j’ai pioché dans le stock de Marie un superbe velours parme. C’était le dernier coupon qui lui restait. J’ai coupé les poches et les bretelles dans ce velours parme.

J’ai également acheté chez Marie une magnifique doublure italienne aux reflets irisés et dont l’une des faces avait des reflets violets. Parfaite combinaison de tissus !!

# Robe salopette Burda moden en février 1973

Procrastination quand tu nous tiens

Il y a des projets que l’on mène rapidement à bien et d’autres qui trainent et finissent par vous empoisonner l’existence. Cette robe salopette a clairement fait partie de la deuxième catégorie. Je me suis forcée à la terminer in extrémis fin décembre, je ne voulais pas trainer cette projet en 2022 d’autant que j’avais un autre projet en tête bien plus stimulant.. Pourquoi ai-je trainé autant sur cette robe salopette ? Mm…. D’abord, il a commencé à faire très froid et j’ai commencé à réfléchir à des projets douillets et chauds. Bon, cette robe n’était pas un modèle du genre… Quelque part au fond de moi sentait que quelque chose clochait avec cette robe. Je n’ai pratiquement jamais fait de « devoirs » à la maison pour cette robe. J’ai chaque fois avancé le projet en cours, ce qui est rarissime chez moi.

Au premier essayage, je me suis sentie complètement engoncée dans la partie corsage et bavette qui monte assez haut, bien au-dessus de la taille. Le tissu gondolait et faisait un bec au niveau de la couture milieu devant, il a fallu faire des ajustements sur le patronage. A partir de ce moment-là, j’ai senti le plan foireux : robe pas confortable qui allait me serrer et m’angoisser.

Mes surpiqûres sur le devant sont assez moches et j’ai même bien dévié à un endroit. Mais je n’ai pas voulu défaire.. ça sentait le sapin !!! Il est vrai que le fil de surpiqûres est ton sur ton, donc on ne voit pratiquement pas mes coutures. J’ai dû me forcer à avancer le travail à la maison avec la couture des poches et des brettelles parce que j’avais envie de passer à autre chose. Le montage de la doublure a été laborieux, le tissu étant très fuyant, résistant à une coupe précise et à un assemblage correct..

# Robe salopette Burda moden en février 1973

J’ai pioché dans mon stock de fermeture à glissière. Presque dommage d’avoir utilisé cette belle pièce pour une robe peu portable..

# Robe salopette Burda moden en février 1973

Les bretelles sont supposées fixées sur la robe par des boutons aussi bien sur le devant que sur le dos. J’ai assemblé les bretelles dos dans la couture pour m’éviter des boutonnières à un endroit un peu difficile. Les boutons proviennent de mon stock, probablement acheté sur un marché aux puces.. Les boutonnières sur le haut des bretelles ont marché du premier coup mais pour une raison que j’ignore il y a un décalage important sur l’une bretelle par rapport à l’autre. Peut-être la position du bouton. Pourtant j’avais tout mesuré pour la position de la boutonnière et des boutons.

J’ai dû surpiquer la doublure sur le haut de la robe parce qu’une fois portée, le velours tirait et remontait. Et une fois enfin terminée, le verdict est tombé, sans appel. Non seulement la robe est inconfortable au possible mais en plus le velours colle sur la doublure et remonte sur les cuisses. Un désastre total. Marie a suggéré de fixer la doublure par quelques points au niveau des coutures. Effectivement cela aide mais entre les deux coutures, le velours remonte toujours pour laisser apparaître la doublure. Ce sera une robe pour ma Falbala!!

Pour les besoins de cet article, j’ai quand même fait quelques photos de la robe portée mais sans grande conviction!!

Avec ce projet, j’espère toutefois me « qualifier » pour l’opération déstockage parrainé par Elisabeth du blog le Chat et la Marmotte, même si j’ai complété mes fournitures avec la doublure et le tissu pour les bretelles et les poches!! Je vous invite à aller voir ce que les participantes au défi ont concocté!!

Très belle soirée

Nathalie

Comments

  1. Dommage pour le tissu qui est chouette comme tout et surtout pour le travail que ce projet t’a donné.
    La fermeture, au dos, de cette jupe est originale. Généralement ce sont des boutons sur les côtés qui ferment la jupe salopette. La forme de cette jupe est sympa.
    Le défi marche aussi, même si la déception de la cousette est grande.
    Bonne soirée.

    1. Merci beaucoup Evelyne.. Ce modèle est effectivement original mais clairement le tissu velours est très récalcitrant. Oui j’ai passé beaucoup de temps sur ce modèle mais c’est aussi parce que j’ai pas mal trainé des pieds!! Bon ça fera une robe sympa pour mon mannequin..

  2. une belle opération déstockage de tissu
    mais j’ai l’impression que vous avez un bon stock de revues de patrons
    même si le patron date de 1973, le modèle est très actuel

    1. Merci beaucoup Celanie.. Dans les vieilles revues burda (et autres patrons vintage) on trouve très souvent des modèles tout à fait actuels et souvent mieux travaillés et avec un patronage plus complexe que dans les revues actuelles. A l’époque la notion de couture rapide ou de couture facile n’était pas dans l’air du temps!

  3. Quel dommage que cette robe n’aille pas bien, elle est très jolie dans ce beau tissu.
    Et si tu la transformes en jupe ? Sans doublure

    1. Merci Nabel!!! Je t’avouerai franchement que je n’ai plus envie de la reprendre mais c’est vrai que c’est une bonne idée de la couper en jupe. Par contre elle sera importable en hiver parce qu’elle va coller aux collants. Le tissu est superbe et tiens toi bien j’en avais acheté 3 mètres… Bon c’est Fanfreluche qui a récupéré le reste de mon coupon. Elle avait flashé sur mon tissu mais c’était avant qu’on sache les désagréments de ce tissu..

  4. Quel dommage que ce soit ton mannequin qui la porte !
    Et sinon, franchement, je trouve les photos du Burda sympa (et ma grande banane serait surement en amour devant cette robe !!!)
    Allez, un autre essai de robe salopette en 2023 ?

    1. Ben quoi elle n’a pas beaucoup de robes ma pauvre mannequin!! Elle ne récupère que mes ratés!!
      Tu veux le patron pour ta Banane? ou mieux la robe?? Faudra sûrement la retoucher parce qu’elle est filiforme ta fille!!
      Oui oui je récidiverai cette année, c’est au programme je veux aussi rattraper mon premier modèle de robe salopette..

    1. Merci beaucoup Elisabeth!! Bon j’ai senti dès le début que cela n’allait pas fonctionner. Mais au moins j’ai voulu aller au bout… Au moins j’ai pu passer sereinement à d’autres projets!!

  5. Je trouve qu’elle a de l’allure, ta robe-salopette !
    Le tissu est splendide. Et tu sais quoi ? En voyant le dessin technique, je me demande si je n’ai pas réalisé ce modèle, en jean… à l’époque. Je l’ai « charcuté » depuis, mais je dois avoir le reste quelque part dans mon bazar !

    1. Oh punaise!! J’y crois pas!!! Bon c’est vrai que le modèle est très chouette et qu’il a dû être cousu par pas mal de couturières!! Allez tâche de la retrouver et poste nous une photo.. On fera les « soeurs jumelles »!!!

  6. tiens, je finis ma deuxième robe salopette ! moi, j’ai choisi un modèle ikatee, et j’ai eu les ajustements habituels à faire. Mon Alice aura la sienne ce we.

  7. parti trop vite …. c’ est drôle un velours qui colle comme ça, une composition de crotte ? et en essayant de le laquer à l’intérieur, il parait que ça marche. En tout cas, il faut aller au bout, et comprendre d’où viennent les problèmes pour ne pas les reproduire. Mais moi aussi, j’aime les robes salopettes !

    1. J’ignore la composition de ce velours. A l’époque, je ne prêtais pas trop attention à ce genre de détail sauf polyester évident!!! Et je l’ai acheté dans une grande boutique qui avait vraiment de très beaux tissus, fabriqués dans la région. Bon ça ne veux rien dire, je sais!!
      La laque n’est vraiment pas un objet présent dans ma salle de bain mais oui pourquoi pas??

  8. Bonjour Falbala,
    Bravo tout de même pour votre persévérance… Oui, il y a des modèles qui nous rendent folles… Dommage car le tissu est joli. Peut-être découvrirez-vous un jour un patron qui vous conviendra !
    Merci en tout cas de partager cette expérience, on se sent moins seule quand on se loupe 😉
    A bientôt.
    joelle

    1. Merci Joëlle!! Les ratés il y en a toujours et il y en aura toujours!! C’est ce qui nous fait avancer aussi!!! Je vais reprendre le patron Rydell de la jolie girafe et essayer de sauver ma précédente version que j’aimais beaucoup mais dont les finitions sont loin d’être jolies… et qui sait peut-être en refaire une, ce n’est pas le tissu qui manque!!!

  9. Coucou Nathalie. Je délaisse le blog en ce moment, donc je n’avais pas vu ton article. En revanche j’ai assisté au montage. Je suis bien dépitée pour toi, car les tissus utilisés sont magnifiques et la robe est vraiment superbe. Mais je comprends que le problème de la robe qui colle et remonte soit rédhibitoire. Je me demande ce que je vais coudre pour les petites, dans la chute que tu m’as donnée. En tout cas je vais essayer, car le tissu est trop beau.

    1. Je suis désolée du cadeau empoisonné.. Il peut toujours servir à faire des toiles ou des pièces qui n’ont pas besoin d’être doublées!! Dommage vraiment pour ce superbe tissu..
      Cette jolie robe est sur le dos de ma Falbala-mannequin qui est ravie!! Faut dire que sa garde-robe n’est pas très étoffée..

  10. Ah quel dommage que tu ne puisses pas porter cette robe salopette car elle est très jolie !
    Merci pour la découverte de ces anciennes éditions de Burda. Je n’ai jamais feuilleté ces magazines vintages. Cela nous fait dire que la mode est un éternel recommencement !

    1. Pour le moment elle trône sur mon mannequin qui est ravie d’avoir quelque chose sur le dos!!
      Oh oui tu peux trouver n’importe quel modèle dans les vieilles revues couture et souvent mieux patronné.

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