Les Serial Piqueuses

Les aventures de Falbala & Fanfreluche
Couture des poupettes Robes

La robe cache-cœur, du rêve au cauchemar

Pour tout vous dire, depuis le début, cette robe cache-cœur, je ne savais pas par quel bout la prendre. Et du coup, c’est la même chose pour mon histoire…

Commençons pas les certitudes. D’abord, le tissu que j’ai utilisé (crêpe synthétique à la fois lourd et mou) c’est de la mauvaise qualité. J’avais craqué pour la couleur et le prix. Mauvaise idée. Ensuite le patron c’était une combinaison de deux patrons, donc du bricolage et surtout du mauvais bricolage. Et enfin, j’ai mis 4 mois pour la finir. Voilà, tout ça c’est sûr.

A partir de là, on passe dans le flou. Sans doute parce que mon esprit a choisi d’occulter les multiples étapes et difficultés que j’ai rencontrées au fil de la réalisation. Du coup, la seule chose dont je me souviens, c’est que chaque fois que je prenais en main cette robe cache-cœur, je me perdais dans la croisure du corsage, dans la croisure de la jupe et dans les coutures de jonction de cette foule de pièces.

Un rêve de robe cache-cœur

Et pourtant, tout avait commencé avec un rêve. Celui d’une belle robe cache-cœur, qui mettrait bien en valeur mon décolleté et qui aurait une jupe dansante. J’ai trouvé, dans un magazine Fait Main, un modèle qui me plaisait beaucoup. Malheureusement, il n’allait que jusqu’à la taille 42. Or, pour moi ce serait plutôt du 44, voire du 46. Qu’à cela ne tienne, j’ai le patron de ma robe de base, maintes fois réalisée et qui me va bien. L’idée fut donc de bricoler la robe de base pour l’adapter au patron Fait Main. A cela, j’ai décidé d’ajouter le patron du dos de ma robe Marelle, qui est plus ajusté.

Vous voyez la photo ? C’était cela le rêve. Mais pour compliquer un peu plus les choses, j’ai décidé de faire une jupe complète, sur laquelle viendrait se poser le panneau arrondi avec le volant.

Je ne saurais même plus vous parler du patronage, que j’ai enfoui au fin fond de mon cerveau avec les souvenirs inutiles, car je sais que jamais, au grand jamais, je ne referai cette robe. Bon, mais il y a bien eu un patron, sinon comment aurais-je cousu cette robe ?

La robe cache-cœur – le cauchemar

Pour moi, ce fut assez rapidement le début du cauchemar et peut-être pour Marie (Mercerie du Fil Amant) aussi (bien qu’elle n’ait rien laissé paraître). En effet, c’est le premier projet que j’ai réalisé avec son aide et s’il avait fallu tester ses compétences, selon moi ce projet-là était à la hauteur. Marie a abordé la chose avec la patience et la persévérance qui la caractérisent. Sans elle, la robe cache-cœur n’aurait jamais vu le jour.

Les screugneugneus

Comme je le disais plus haut, je ne sais pas par quel bout prendre cette histoire. Me voilà devant mon ordinateur et je n’ai même pas envie de vous raconter la réalisation de cette robe. Rien n’a été facile, chaque étape était synonyme de complication.

La pose de la parementure le long de l’encolure croisée qui ne voulait pas rester en place, malgré une sous-piqûre réalisée dans les règles de l’art ; le tissu qui gondole quand on surpique l’encolure ; le corsage beaucoup trop large qu’il a fallu réduire de chaque côté ; les sur-épaisseurs dues aux pièces superposées ; la pose du panneau volanté de la jupe qui n’a pas pu être cousu jusqu’à son extrémité, et j’en passe…

Bref, un jour la robe a été finie, mais je ne l’aime pas. Je trouve qu’elle m’épaissit encore plus que de nature et qu’elle manque de tenue. Pour couronner le tout, elle froisse énormément. Or, le repassage de ce crêpe synthétique est un cauchemar. Il marque les marges de couture qui sont sur l’envers. Par conséquent il faut repasser chaque « couche » séparément, enfin, quand c’est possible.

Je me suis vraiment fait prier pour faire une séance de photos. Un matin j’ai apporté la robe sur cintre et nous avons fait des photos « avant ». Puis, je l’ai portée pendant quelques heures et nous avons fait des photos « après ». Les photos sont parlantes…

Eh bien, on ne m’y reprendra plus. Même si nous nous sommes bien amusées en faisant les photos et que j’ai plutôt bien réussi la pose de la fermeture invisible malgré les multiples épaisseurs, ce patron a fait un aller simple dans la poubelle. Et en mettant le point final à cet article, je tourne la page.

fermeture glissière quasi invisible
Les miroirs c’est chouette. On voit l’envers du décor et la photographe.

En attendant la suite des aventures, je vous embrasse.

Fanfreluche

32 Comment

  1. Ah mais il est super ton article pour un plan aussi galère et screugneugneu. .. c’est vraiment une page de tournée (on se comprend!!).. je trouve le résultat tout à fait honorable et acceptable. Vous avez réussi toi et Marie à résoudre cet imbroglio de patronage haut la main. Maintenant la qualité du tissu reste clairement à désirer. . Mais bon on apprend au fur et à mesure à choisir de meilleurs tissus. Les séances de photos ont été vraiment fun et je me suis bien amusé à nous mitrailler.. la robe cache coeur idéale reste à faire mais on y arrivera..

    1. Têtu ascendant obstinée !! J’ai bien rigolé. J’ai un peu de mal à m’avouer vaincue, c’est vrai. Mais j’ai bien failli jeter l’éponge pour cette foutue robe là. Bon, maintenant elle est là et peut-être que je finirai par l’apprivoiser un peu…

  2. Ma pauvre, il y a parfois des projets qui se passent mal. Ca me fait penser au livre ou au film que je commence, qui me semble pas terrible mais je luis donne sa chance, je vais jusqu’au bout en espérant que ça s’améliorer … mais non … Tu nous l’as fait version couture.
    C’est dommage car l’effet d’ensemble est très joli.

    1. Ah oui ! Je connais ça. Le film que tu t’entêtes à regarder en te disant : ça finira bien par devenir intéressant ou pour en connaître le dénouement. En l’occurrence, pour cette robe, mon éternel optimisme m’a bien joué des tours. Lors de certains essayages j’y voyais du potentiel, mais au final, c’est bof !

  3. Je plussoie Nabel, l’effet d’ensemble est très sympa ! Je pense que beaucoup de détails qui t’agacent ne sont visibles qu’à tes yeux 😉
    Merci quand même pour ce partage de projet scregneugneu… je me sens moins seule comme ça !

    1. Merci Solène. On est toujours bien plus critique pour soi-même que pour les autres. Et l’épreuve du miroir et des photos est mortelle ! Alors toi aussi tu as des screugneugneus ? J’aurais pas cru. Tu assures quand même.

  4. ah la la, quand tout s’en mêle ! déjà le bidouillage de patrons, et puis, le tissu synthétique ( c’est le genre de chose que je ne veux pas travailler ) Bon tu es quand même très critique avec toi, mais je suis pareil, et je ne lâche jamais le morceau, c’est comme ça qu’on progresse. J’ en ai fait une robe portefeuille l’été dernier, mais je sais qu’elle ne convient tout simplement pas à ma silhouette pulpeuse, en plus, elle est trop courte ! mais la petite viscose légère fait qu’elle est cependant agréable à porter, je devrais sans doute la rallonger avec un volant.

    1. Merci pour ton commentaire Isabelle. C’est en voyant ta jolie robe cache-cœur que j’ai redoublé d’espoir pour la mienne. Mais voilà, les projets ne prennent pas forcément la forme – ou les formes – rêvée(s). Quant à ta petite robe, si tu la trouves trop courte, je dirais oui, ajoute un volant, c’est une bonne idée.

  5. Ah, la, la ! Quand ça veut pas, ça veut pas et la suite est souvent galère. Tu as eu le courage d’aller jusqu’au bout de cette robe, qui en plus à le défaut de froisser, je dis : Bravo.
    Je pense que les « défauts  » sont surtout visibles et importants à tes yeux, car le tombé n’est pas mal.

    1. Clairement, plus je lis vos commentaires, plus je me dis que je devrais lui donner encore une chance à cette robe « cauchemar ». Après tout, j’y ai mis le temps et les efforts. Bon, j’y réfléchis.

  6. Ne dit on pas le mieux est l’ennemi du bien? Je ne dis pas que ce projet m’a empêché de dormir, mais pour une entrée en matière (c’est le cas de le dire) il a été pas mal. Et oui la robe peut tout à fait sortir avec les beaux jours du printemps qui arrivent, la couleur te va bien. A bientôt

    1. Ha ha ! Le mieux est l’ennemi du bien, c’est une phrase fétiche pour les deux Serial Piqueuses ! Merci Marie pour ta bienveillance et ton sens de l’humour. Grâce à nos efforts conjoints, nous sommes parvenues cahin caha au bout de ce projet initial et final à la fois. Maintenant les boulets sont éliminés et on va de l’avant.

  7. On ressent bien ta deception à travers la lecture de cet article ! Et c’est compréhensible !
    Pour ma part, après un raté en couture, je passe à un projet plus simple sans prise de tête. Pour éviter de rester trop fâchée avec ma machine à coudre ! 😉

    1. Tu as tout à fait raison Happy Family. Merci pour ton commentaire et ton conseil. J’ai déjà entamé un nouveau projet qui semble prometteur. Et puis j’ai la chance de pouvoir m’amuser à coudre et tricoter des petites choses pour les enfants et les bébés. J’adore.

  8. Merci pour le partage, même quand rien ne va. C’est important me semble t-il, de montrer qu’en couture, tout n’est pas si simple et qu’effectivement, un bon patronage ainsi que des tissus de qualité, ça fait toute la différence.
    En tout cas, un immense bravo d’être allée jusqu’au bout de ce projet !!!

    1. Merci de ton commentaire rosephi. Je suis bien d’accord. J’estime qu’il faut montrer la réalité. Tout n’est pas toujours- et d’ailleurs presque jamais – tout rose. Celles qui produisent des réalisations qui tombent parfaitement, sans aucune modification etc… j’ai comme un doute.

  9. Effectivement, ce projet a été compliqué . Mais ça nous arrive à toutes…même si on ne blogue pas toujours les projets boulets. Pas plus tard qu’hier, j’ai mis à la poubelle un pantalon-caleçon que j’ai déjà cousu 2 fois, mais cette fois ci, j’ai utilisé du tissu non extensible, allez savoir pourquoi. Donc il était trop petit et parfaitement inconfortable. Pour le top de Charlie (qui est croisé) ma prof m’avait conseillé de doubler le corsage; ça permet d’éviter une pose de parementure compliquée. La difficulté récurrente en couture, c’est l’adéquation entre un tissu et un patron. Et ça , c’est très peu évident. Tu as appris plein de choses au cours de cette expérience. Bravo pour ton obstination.

    1. Merci Anne-Marie. Aïe ! Dommage pour ton caleçon. L’idée de la doublure est intéressante. J’y penserai pour une autre fois. En tout cas tu as raison. Pour ce projet j’ai fais de mauvais choix et je l’ai payé. Je pèche souvent par optimisme.

    1. Oh oui j’ai gradé ! De toute façon c’est un ensemble de couacs qui ont causé les problèmes. Mais je crois que c’est le tissu m…ique qui a été le principal responsable. On ne m’y reprendra plus.

  10. Ce n’est pas évident ce tissu qui gondole, la parementure, … Je suis curieuse de savoir si cela aurait été plus simple et à la hauteur de tes attentes avec un meilleur tissu. En tout cas, bravo pour ta persévérance et merci pour le partage. On se sent moins seule dans nos galères de couturière ! Bonne semaine !

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