Le miracle du pantalon

Pour celles – et ceux – qui suivent mes tribulations sur la toile, vous aurez sans doute constaté que je rêve depuis bien longtemps du miracle du pantalon. À savoir du patron – parfaitement – adapté à ma morphologie. Au fil de la recherche de ce graal, plusieurs tentatives de toile du pantalon ont eu lieu, encadrées par différents professeurs au fil des années, mais c’était souvent plus bof-esque que graal-esque, voire catastroph-esque (?).

Toutes mes excuses pour les libertés que je prends avec la langue française. Mais voilà, quand on se lance dans les projets miraculeux, ça laisse des séquelles. Y a qu’à voir ci-dessous.

 

Le miracle du pantalon – le projet

Il y a plusieurs semaines, après avoir achevé la robe Pretty Woman, c’est grisée par cette réussite que je me suis senti pousser des ailes. Donc j’ai décidé de reprendre le projet pantalon. Eh oui, je suis incorrigible. Je ne peux m’empêcher d’y croire.

Pour me lancer, j’ai choisi le patron Sounds of Blues du magazine Ottobre automne/hiver 5/2019; un pantalon slim – rien que ça – à réaliser dans un tissu avec un peu d’élasthanne.

Sounds of Blues, la toile V1

Marie m’a aidée à bien prendre mes mesures et j’ai décalqué le patron en taille 42. D’emblée, j’ai allongé de trois centimètres la fourche dos, pour tenir compte de mon postérieur et de ma cambrure.

Etant donné que j’étais en mode miracle, j’ai soigneusement découpé toutes les pièces du patron, y compris les fonds de poches et les empiècements devant, dans une jolie popeline coordonnée à mon sergé de coton stretch coloris moutarde. Puis j’ai tout bâti et je suis passée au premier essayage. Eh bien, je vous le donne en mille, le miracle du pantalon n’a PAS eu lieu !

Le miracle du pantalon – les ajustements

Le résultat des courses, en quelques mots : les hanches et les cuisses vont à peu près, en revanche, le GROS problème se situe au niveau du dos du pantalon. Les 3 cm ajoutés à la pointe de la fourche sont dérisoires par rapport au manque de hauteur de la fourche dos. En l’état, et malgré l’ajout de l’empiècement dos prévu par le patron et de la ceinture, le pantalon est loin de se caler sur ma taille. Ci-dessous, les modifications que nous avons apportées au patron du dos du pantalon. Vous voyez en bleu le tracé d’origine et en orange, le total de l’ajout, auquel il faut encore adjoindre la ceinture.

Certaines d’entre vous se diront peut-être que la fourche fait une « bosse » au niveau de la jonction des pièces ? Mais, voyez-vous, sur moi ça tombe correctement. Il faut croire que je suis bizarrement fichue !

Le deuxième problème détecté se situait au niveau de l’arrière de la cuisse, où il y avait un surplus de tissu qui formait des plis disgracieux. Marie a épinglé le surplus en forme de croissant de lune pour pouvoir le mesurer et nous avons creusé la fourche d’autant. Cette méthode a été assez efficace. Certes il restait des plis sur le reste de la jambe (surtout dans le creux des genoux), mais j’ai décidé de ne pas faire plus de modifications sur cette toile-là.

De toute façon, sur la version 1 de la toile, les différents ajouts ont pris la forme de patchs successifs et la toile n’est donc pas du tout portable. À moins de porter une tunique longue pour cacher la misère. Hum, nous verrons cela plus tard peut-être.

Cela dit, j’ai repris le patron pour une version 2.

Sounds of Blues – la toile V2

Le miracle du pantalon se poursuit, cette fois-ci avec une tentative en tissu chaîne et trame sans stretch. J’ai « sacrifié » un vieux rideau en coton très coloré pour cet essai.

Quelles modifications apporter ?

Eh bien, forcément il faut élargir, puisque le tissu ne va pas s’ajuster à mes courbes. J’ai donc repris le patron corrigé en ajoutant carrément des marges de couture de 2,5 cm (ou de 3 cm). Désolée, mais je ne me souviens plus.

Cette fois-ci j’ai coupé vraiment en mode toile, c’est-à-dire, sans poches ou autres détails du type empiècement.

Marie m’avait recommandé de couper la jambe beaucoup plus droite à partir du milieu de la cuisse, afin de pouvoir étudier le problème des plis qui se formaient dans le creux du genoux (team genoux cagneux). C’est donc ce que j’ai fait, puis j’ai tout bâti en cousant au plus large (il ne me restait plus que 5 mm de marge de couture au niveau des hanches et des cuisses) et essayé.

La partie hanches et fourche tombaient plutôt bien. En revanche, la jambe était maintenant beaucoup trop large et ça n’était pas beau. Donc, j’ai tout resserré en suivant le patron d’origine et c’était bien mieux. De plus, le miracle du pantalon a eu lieu d’une certaine manière, puisque les plis au creux du genou ont disparu !

Les finitions

Pour aller au bout des choses, j’ai posé la braguette – toujours une aventure ! Et j’ai posé la ceinture. Comme je continuais à n’y croire qu’à moitié, j’ai fait l’impasse sur les passants de ceinture, mais je crois que je vais en ajouter finalement.

La toile s’est avérée portable cette fois-ci et elle m’a même accompagnée en vacances. Attention, âmes sensibles s’abstenir, car voici les photos et vous ne couperez pas au shooting de mon postérieur fleuri. Le tissu froisse un peu, mais on lui pardonnera après un trajet en voiture.

Promis, je vais réitérer cette expérience et j’espère que le miracle du pantalon – ou du short – se reproduira.

On dirait le sud

Vous avez bien vu que nous avons visité le pays des champs de lavande ! Alors, pour vous donner une petite idée de notre escapade, voici quelques photos.

Sur ce, je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures.

Fanfreluche

 

Comments

  1. Et si tu recidivais sans aucune prise de tête avec juste ta taille achetée dans le commerce ? Beaucoup de filles non taille mannequin dont moi ont tenté l’aventure avec des modèles tels Ginger jean ou Marcel chez Artesane et s’en sont sorties. Je dois recidiver à la rentrée sur Marcel puisqu’il me va. Essaie tel que et tu ajustera ensuite.

  2. Oh mais il est plutôt pas mal du tout ce pantalon « miraculé »!! Les motifs sont très sympas et il tombe nettement mieux que la première toile, vue en cours.. Bravo pour ta ténacité et pour tes progrès dans les pantalons. Modèle tout à fait de saison.. je pense que cette année on peut oublier les petites robes estivales.. Merci pour ces belles vues du sud ensoleillé, il ne manque plus que le chant des cigales!!

  3. Ah oui ! Les cigales ! Je les aurais bien volontiers mises en boîte pour les rapporter en Alsace. Et pour ce qui est du pantalon, si on m’avait dit que ce vieux rideau terminerait sur mon postérieur, je ne l’aurais jamais cru !

    1. Merci beaucoup Camille. C’est aussi mon objectif. Une fois la bonne forme déterminée, j’espère pouvoir le décliner en pantalon de ville ou à pinces.

  4. Ta persévérance est récompensée et puis la méthode que tu as utilisé pour y parvenir, c’est à quelque chose près celle que l’on utilise en cours pour le semi sur-mesure.
    Bravo et hâte de voir le saint graal du pantalon 😉 !!!

    1. Merci rosephi. Mon professeur m’a bien guidée. A partir de ce patron j’ai quasiment établi mon pantalon personnalisé adapté à ma morphologie. La forme de la fourche est bonne, il me reste à mieux adapter la largeur des pièces (taille, hanches, cuisses). Là je tâtonne encore un peu.

  5. Tu es sur la bonne voie pour réussir le pantalon parfait. Mais c’est très difficile, d’autant que si tu changes de tissu, l’effet pourra être différent. J’en ai fait l’expérience avec 2 pantalons qui ont été coupés avec exactement le même patron. Le bleu à fleurs va tout à fait bien alors que le bordeaux me semble trop grand. Le taux d’élasthanne est différent pour chaque tissu et je pense que ceci explique cela. En tout cas, c’est bien de persévérer. Bravo à toi et bel été.

    1. Merci pour ton commentaire Anne-Marie. Effectivement, la couture du pantalon est et reste une aventure à chaque fois. Mais au mois cette fois j’ai déterminé la bonne forme de la fourche. J’ai encore des hésitations au niveau de l’entrejambe où il se forme parfois des plis façon moustaches. J’y reviendrai avec ma professeure de couture.

  6. Les ajustements en couture, je trouve que c’est ce qu’il y a de plus difficile !
    Tu t’en es bien sorti avec ce projet de pantalon !
    Tes photos de vacances sous un ciel bien bleu sont très jolies.
    A chaque fois que j’entends le nom de Vaison la Romaine, je pense aux inondations meurtrières dans les années 90′. J’avais une dizaine d’années, et les images à la TV m’avaient fort marqué…
    Je ne suis jamais allée au Colorado provençal et tes photos me donnent envie de découvrir ce lieu !

    1. Merci Céline. Vu le tissu vraiment coloré, la toile du pantalon est portable en été, donc je suis contente. D’autres exemplaires suivront. Pour ce qui est de Vaison la Romaine, moi aussi j’avais été choquée par la catastrophe. Vu la topographie du lieu, à mon avis cela pourrait se reproduire. J’espère que les autorités ont pris leurs responsabilités et mis en place un plan d’évacuation d’urgence.

  7. Je découvre ce blog via celui de Nabel…
    Huummm…. Une belle odeur de fleurs et de lavande qui font rêver à un bel été ! Ton pantalon me semble réussi et confortable mais je constate une nouvelle fois que réussir un pantalon, trouver LE bon patron n’est pas chose facile… Pour ma part, j’ai renoncé et ai choisi la solution de très grande facilité et qui fonctionne très bien ! Lorsqu’un pantalon du commerce me plaît, je décide de le découdre lorsqu’il est usé et je l’utilise comme patron. C’est simple et efficace !
    À. Très vite pour decouvrir la suite de tes aventures « couturesques ».

    1. Bonjour Chartres. Bienvenue sur notre site et merci pour ton sympathique commentaire. Effectivement, la couture du pantalon est une aventure. Ta méthode est intéressante. J’ai très peu de pantalons du commerce qui me vont, donc ils sont souvent portés et lavés. L’usure se fait sentir. Alors je retiens ton idée.
      Pour la suite des aventures dans le même esprit, j’ai cousu un short ! J’espère pouvoir faire des photos bientôt pour montrer à tout le monde.

  8. Sacrévindiou ! Tu vas finir par le vaincre, ce fichu pantalon !
    Par contre, je n’ai pas tout compris comment tu as éliminé les plis sous les fesses alors la prochaine fois que tu le fais, je veux bien les explications en image 😉

    1. Coucou Annabelle. Oui, là je crois que je tiens le bon bout. Pour les plis sous les fesses, normalement ils ne devraient plus se reproduire si j’utilise le patron modifié. C’est une méthode surprenante mais efficace. A l’essayage, il faut pincer et épingler le surplus de tissu bien soigneusement, puis enfiler les deux jambes l’une dans l’autre endroit contre endroit, comme quand tu couds l’entrejambe du pantalon. A ce moment là tu vois le décalage qui apparaît au niveau de la ligne de la fourche, entre la jambe épinglée et celle qui ne l’est pas. Tu poses une ligne de bâti sur la nouvelle ligne ainsi déterminée et tu la reproduits sur les deux jambes. Et puis tu peux enlever les épingles. Difficile de rendre tout cela avec des mots. Mais bon, promis, si jamais je le refais, je ferai des photos.

  9. La quête du pantalon … Je connais aussi ! Je vais relire toutes tes explications parce que j’y suis presque mais je suis sure de pouvoir faire mieux encore !
    En attendant, moi j’aime bien ton pantalon en rideau !

    1. Hihi, le pantalon rideau ! Si on ne le dit pas, personne ne le sait. J’ai bien suivi ta quête perso du pantalon idéal et je te comprens très bien. J’ai essayé d’expliquer un peu plus précisément la retouche des plis sous fessiers dans ma réponse à Nabel. Tu peux lire si ça t’intéresse. J’ai récidivé avec un short. Je vous montrerai quand j’aurai fait des photos. Biz.

  10. Ah ! l’aventure de la couture d’un pantalon, est vraiment une grande aventure.
    Je pense aussi que nous sommes toujours plus critiques que la majorité des personnes qui ne remarquent pas toutes les imperfections qui nous sautent aux yeux.
    Ton pantalon est sympa et te va très bien.
    J’en ai coupé un avant de partir en cure et il attend toujours que je me penche sur sa réalisation. Je ne suis pas trop pressée, car je ne pense plus pouvoir le mettre en automne.
    Bonne soirée.

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