Le retour du vintage: les robes « Christine »

# Patron Burda pochette vintage n° 2 0242

Les vielles revues de couture ou les patrons pochette bien vintage recèlent des pépites. A la mercerie du Fil amant, il y a tout un stock de revues Burda des années 70 sur lesquelles j’ai jeté mon dévolu. Il y a des petits modèles de robe à tomber, sans parler du reste… Ce sont des pavés quand on les compare aux revues actuelles, avec beaucoup plus de rubriques, dont de la broderie et même des recettes de cuisine mais toujours très chiche en patrons pour homme!! Elles sont rédigées en allemand mais l’ « édition française » comprend un petit cahier explicatif traduit en français. Bon les explications sont très succinctes (pré-Burdalais) mais cela permet d’avoir une idée de la taille, du type de tissu requis.

# Revues Burda vintage er jersey vintage de la mercerie du Fil Amant

Il y a aussi tout un stock de vieux patrons dans lequel j’ai déjà puisé… Cet été, Christine, de notre cours de couture, a mis la main sur un patron pochette Burda vintage de robe trapèze très originale, avec une découpe sur la poitrine. Dans cette découpe, il y a en fait un passage de pince de poitrine qui est assez simple à réaliser.  Pour celles que cela intéresse, je vous renvoie au livre de Michèle Thénot, 1001 robes (modèle de robe avec empiècement) et à celui de Teresa Gilewska, le modélisme de mode, Vol 2 les transformations (pince en biais dans une découpe). Le patron est prévu pour du chaine et trame mais Christine l’a réalisé en jersey, un jersey bien vintage cela va de soi, qui rend super bien. Elle a choisi de faire le modèle sans manche, sans la ceinture prévue mais avec les poches. Le patron est prévu en deux tailles seulement.

# Patron Burda pochette vintage n° 2 0242

Christine m’a prêté son patron que je me suis empressée de copier. Le patron comprend sept pièces, sans compter les poches et la ceinture. D’emblée, j’ai viré ceinture et poches. Christine m’avait prévenu que l’encolure était très serrée, et effectivement elle remonte très haut. J’ai élargi successivement à ce niveau et j’ai au final adapté la parementure d’encolure. Pour faire un test du rendu de la robe j’ai utilisé un morceau de jersey viscose bien psychédélique, trouvaille de notre dernière virée à la caverne alsacienne.. Au moment de couper les pièces, j’ai eu pas mal de doutes sur leur positionnement. Les jupes devant et dos sont chaque fois coupées avec couture au milieu: une des versions de la robe est avec un tissu rayé ou avec chevrons et la couture milieu permet de faire les raccords. Pour mon test j’ai gardé le principe de la couture de milieu mais j’ai choisi de poser les pièces dans le droit fil en espérant que cela n’allait pas trop altérer la forme en trapèze. J’ai laissé pas mal de marge de couture, la forme inhabituelle et très découpée des pièces devant ne m’ayant pas vraiment permis de comparer avec mon patron de robe de base en maille. Je n’ai rien rajouté au niveau de l’ourlet du bas. Les manches m’ont paru à ce stade suspectement très étroites.

# Patron pochette vintage Burda n° 2 0242

J’ai bâti entièrement la robe sans les manches, tout en prévoyant assez de tissu dans mon coupon pour pouvoir les refaire au besoin. Verdict du montage : beaucoup trop large en particulier dans le dos. En plus mon jersey étant très fluide cela accroit la largeur du modèle. Marie m’a posé des retouches dans le dos, sur la partie corsage (moins 2,5 cm de chaque côté) et au niveau de la couture dos de la jupe. Elle a préconisé de ne pas toucher au devant pour garder quand même l’effet trapèze. J’ai enlevé trois centimètres au bas des jupes et j’ai fait un ourlet de 4 centimètres. Le recouvreuse m’a fait une belle couture sur mon test mais a rechigné sur la robe.

# Patron Burda pochette vintage n° 2 0242

J’ai cousu la robe à la surjeteuse, tout en laissant la couture des cotés ouvertes. Après avoir hésité j’ai également cousu la découpe poitrine à la surjeteuse, en plusieurs fois pour bien garder la forme. J’ai cousu d’abord un coté, puis la partie droite centrale, et enfin l’autre côté. Et je me suis lancé dans les manches. L’emmanchure est assez mal dessinée, elle vient pratiquement sur le bras, ce qui rend la robe très inconfortable. Et les manches sont beaucoup trop étroites (team « gros bras »). J’ai donc ressorti mon patron de robe de base en maille et j’en ai repris tant bien que mal la découpe de l’emmanchure. J’ai pu ainsi utiliser mon patron de manche. J’ai également repris un peu sur les cotés du corsage devant et dos en dessous de l’emmanchure parce que c’était encore trop large. J’ai un peu bataillé pour assurer le raccord des découpes dos et devant au niveau des côtés. Il reste encore un petit décalage. La parementure d’encolure facilite la finition et j’ai fait une surpiqûre à la machine au point légèrement zigzag.

Le résultat n’est pas trop mal et du moins la robe est hyper confortable. Bon l’effet trapèze a un peu disparu mais c’est lié à ce jersey très fluide. Les coutures milieu des jupes ne se voient pratiquement pas en raison des motifs. Compte-tenu des dimensions assez modestes de mon coupon, je n’ai pas vraiment fait de placement mais j’aime beaucoup le rendu des « raccords » sur le devant de la jupe.

Forte de ce succès, j’ai donc entrepris de faire ce patron dans un des jersey vintage de Marie, oui des vrais vieux jerseys. Alors on ne va pas se mentir, au niveau qualité, ça grattouille un peu, l’élasticité n’est pas top et la part de synthétique me paraît prédominante. Mais ils sont tellement beaux ces jersey vintage qu’on leur pardonne leurs petits défauts!!

# Patron Burda pochette vintage n° 2 0242

J’ai utilisé ce jersey à petites fleurs dont le taux d’élasticité est vraiment très léger. Il a une bonne tenue ce qui permet de garder l’effet trapèze cette fois de la robe. Pour cette version, j’ai placé les jupes dans la pliure mais j’ai gardé la couture milieu dos du corsage en raison des retouches. J’ai quand même bâti mais j’ai fait la bêtise de ne pas inclure les manches. Elle tombait très bien, avec un rendu moins large que la précédente. Quand j’ai bâti les manches, je me suis rendu compte que ça serrait pas mal au niveau de la carrure et bien sûr je n’avais pas beaucoup de marge de couture à ce niveau. Dans la mesure où j’étais sur mon patron de base, je n’avais laissé qu’un centimètre… J’ai rogné au maximum des deux côtés pour regagner de l’aisance (1 cm de chaque côté). Le résultat est acceptable même si je l’aurais préféré un chouia plus large au niveau de la carrure.

Pour les prochaines réalisations, je laisserai plus de marge au niveau de l’emmanchure et des manches pour pouvoir m’adapter à l’élasticité du tissu.

# Patron Burda pochette vintage n° 2 0242

Du coup, le patron a fait le tour du cours et je pense que cette robe, désormais baptisée la robe « Christine », va devenir le prochain « uniforme »!!

Et puisque on est dans le « vieux », quelques photos de ce splendide château allemand, visité récemment sous une chaleur de plomb, le château Hochburg, d’Emmendingen. # Château Hochburg d'Emmendingen

C’est un site magnifique et absolument immense. Il y a également un petit musée avec le résultat des fouilles effectuées sur le site mais il était fermé le jour de notre visite.

# Château Hochburg d'Emmendingen

Le château a été adapté pour l’artillerie et on peut y admirer (oui chacun son truc!!) de magnifiques « bouches à feu »

Restez au frais et passez un très bon dimanche

Nathalie

 

Comments

  1. J’adore ta robe psychédélique ! Le genre de robe à mettre quand tu veux distraire tes interlocuteurs, ah ah ah !!!
    La robe à fleurs est tout aussi belle ! & bien plus trapèze !
    & quelles splendides bouches à feu. /* Oui, moi aussi, je prends des bouches à feu en photo quand je visite des chateaux. */

    1. Merci, merci!!!! Ce tissu psychédélique on l’adore ou on le déteste…Et effectivement il a un effet « paralysant ».. Je la porterai en réunion, pour voir si cela a de l’effet!! La version à fleurs est bien plus proche du patron du fait de la « rigidité » du jersey.. Ce modèle marche bien avec des tissus qui ont une bonne tenue… Et j’ai déjà plein d’idées qui tourbillonnent notamment une version hiver avec manche longue..
      Elles sont magnifiques ces canonnières, hein?!!!

  2. J’apprécie tes coutures vintage et ce modèle est ravissant. Effectivement, je trouve le travail sur le passage de pinces intéressant. Dommage pour les manches, mais tu as su rebondir comme il faut et tes robes sont parfaites.
    Tout comme toi, j’ai trouvé des patrons anciens de chez burda très intéressants ( bon, peut-être pas aussi vieux que les tiens 😉 ! ).
    Bravo !!!

    1. Merci beaucoup!!! C’est ce travail de pinces qui m’a le plus plu.. J’ai un bon stock maintenant de Burda des années 70 et j’ai déjà repéré des modèles très chouettes.. J’espère qu’il n’y aura pas trop de modifications à faire. A l’époque, les modèles étaient dans un nombre de taille limité.

  3. ah les modèles rétro ! on a rien inventé depuis 50 ans !!! mais j’avais tout de suite remarqué l’encolure étrangleuse ! avec la robe psychédélique les flics oublieront de te mettre un pv si tu grilles un feu !!!
    Elles avaient des petites épaules à cette époque, il faut penser à rectifier sur ce style de patrons.
    Au total, tu vas faire des envieuses ! Mais je pense qu’une version Courrège avec les poches et unie serait totalement craquante .

    1. On est bien d’accord!!! Notre prof de couture m’a montré un échantillon de patrons de manteaux de différentes périodes et les versions modernes sont extrêmement simplifiées tout ça pour aller dans le sens de la couture rapide et facile..
      Encolure étrangleuse et petits bras effectivement. Bon il ne faut pas oublier que cette version est prévue en chaine et trame avec fermeture dans le dos mais quand même l’encolure monte très haut.
      Ah! Ah!! je vais tester l’effet de la robe psychédélique sur la gente masculine…
      Tout est absolument envisageable sur cette robe, y compris des combinaisons de tissus. Les versions avec poches de Christine sont aussi très sympas.. C’est surtout elle qui a déclenché cette envie et passion!!! Affaire à suivre..

  4. Oui ! Le nouvel uniforme ! Le patron est maintenant tombé dans mon escarcelle. Il me reste à choisir le tissu. Isabelle vient de déclencher les rouages du cerveau en parlant d’une robe style Courrège. Hum… ça cogite ! Tes deux robes sont adorables. Avec un penchant pour les fleurettes vintage.

    1. Merci!! Je préfère aussi la version à fleurs, 100% vintage!! J’ai aussi pas mal de tissus qui pourraient convenir.. On a parlé de ce recyclage envisagé de ma robe hippocampe, du milano conviendra parfaitement je pense.. Allez on attend de voir ta réalisation!

    1. Le tissu est très beau, si seulement il était plus souple ce serait parfait!! Les modifications de patron sont souvent nécessaires vu les standards utilisés et nos caractéristiques morphologiques. J’adore bidouiller les patrons même si je suis loin de maitriser cette technique. Mais quand ça fonctionne, c’est gratifiant!!

    1. Merci!!! J’ai la chance d’avoir un patron de base en maille assez magique qui m’a déjà permis de m’en sortir avec de patrons inadaptés. Le plus simple est de partir de ce patron qui fonctionne et de l’adapter selon d’autres modèles, on gagne un temps précieux…

  5. quel joli tissu et belle robe que cette robe psychédélique. J’aime beaucoup découpe-pinces de poitrine . La seconde, à fleurs, est tout aussi réussie et te va superbement.
    Les encolures et emmanchures sont souvent à rectifier dans les patrons vintages de Burda ou Patrons de Paris.
    Bonne continuation.

    1. Merci!! ça me fait très plaisir!!! Les patrons vintage sont effectivement basés sur des standards différents. En plus j’ai une carrure assez forte et la phase des manches est toujours un casse-tête chez moi. Bon avec la maille ça se passe plus facilement..

  6. J’adore le 1er tissu (il me fait penser au tissu illusion de JP Gaultier) et tes robes sont magnifiques même si elles t’ont donné du fil à retordre! Elles ont une autre allure que tous ces modèles « loose » ou kimono informe que l’on voit partout. Les patrons vintages, c’est ma passion et surtout cela correspond à ma morphologie. J’en ai trouvé beaucoup sur les vide grenier à un prix dérisoire.

    1. Merci pour ces gentils compliments!!! Je vais continuer d’explorer les patrons vintage, faut que je j’épluche mon petit stock.. Et j’ai vu où notre Prof « planquait » les revues Burda des années 60….

  7. Toi et Francine, vous êtes des warriors de la couture : on laisse de grandes marges de couture, on bâti tout, on adapte sur le mannequin vivant : wahou ! Ca c’est du vrai sur-mesure !
    Et le résultat des deux versions est très sympa. Le tissu psychédélique est complètement hypnotisant, c’est marrant.

    1. Ah! Ah!!!! on essaie du moins!!! Faut quand même mesurer au préalable les pièces de patron mais oui de grandes marges de couture ça sauve parfois la mise… Bon sur les trucs un peu techniques ou pour lesquels je vais utiliser un précieux, la toile c’est mieux quand même…. Passe un très bon dimanche!

  8. Très sympa ta petite robe vintage ! Dans les burdas « récents », ils remettent de plus en plus des modèles de leurs anciens numéros mais aux goûts du jour. C’est sympa, je trouve ! J’avoue avoir un faible pour la mode des années 40 et 50. C’est mon côté « La bicyclette bleue »…
    Merci pour le partage des photos de ce château allemand ! J’aime toujours autant ! 😉

    1. Merci beaucoup!!! Oui j’ai vu les versions remises au goût du jour de modèles rétro, avec photos de tenues portées par des actrices, parfois des modèles célèbres!! Moi j’adore la mode des années 30 que je trouve hyper féminine et surtout très libérée, avec une réelle prise en compte du confort et du bien être dans les vêtements!!
      Et j’ai toujours une petite pensée pour toi quand je rajoute des photos de châteaux…. J’ai repéré un superbe château allemand mais bon la visite va devoir attendre pour cause d’emploi du temps surchargé et autres préoccupations de Monsieur pendant le week-end.. mais ça finira bien par se faire…

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