Les Serial Piqueuses

Les aventures de Falbala & Fanfreluche
Couture des poupettes Vestes - manteaux

Veste-manteau – le projet au long cours

Connaissez-vous le phénomène du tissu qui vous harponne ? Celui qui vous happe et vous emporte dans un tourbillon dont il est impossible de s’extirper? Cette étoffe qui vous balance sans aucun retour dans un projet au long cours ? C’est ce qui m’est arrivé, un jour où je fouinais dans un grand bac de coupons improbables dans la caverne alsacienne. Le premier coupon, pas grand du tout, pas inquiétant, m’a titillé la rétine, avec ses grandes fleurs rouges et roses. C’était un tissu d’ameublement, j’ai décidé de l’ignorer et je l’ai reposé. Puis j’y suis revenue et… un deuxième coupon venait d’apparaître, suivi, de très près, d’un troisième – plus grand, celui-là. Impossible de faire marche arrière, les coupons rusés m’avaient ferrée et j’ai vu apparaître, dans mon cerveau dérangé de Serial Piqueuse, le projet d’une belle veste longue, une veste-manteau à grandes fleurs rouges, roses et moutarde.

Veste-manteau, le projet

Après la tempête, quand je me suis trouvée projetée sur la grève, agrippée à mon trésor… euh, je veux dire: quand je suis rentrée à la maison avec mes trois morceaux de tissu sous le bras (+ quelques autres, ça va sans dire), j’ai commencé à partir à la chasse au patron. En parallèle j’ai lavé le tissu qui est ressorti impeccable : pas de rétrécissement, pas de dégorgement de couleurs, pas même un pli. J’avais quand même pris la précaution de surjeter les bords du tissu, car c’est un tissu d’ameublement qui a tendance à s’effilocher pas mal.

Mon choix s’est arrêté sur un patron de veste-manteau du magazine Fashion Style n° 14 de mai 2017, qui correspondait bien à ma vision du projet : coupe droite, encolure ronde sans col, mais avec un petit revers. Ce magazine propose un système de patrons modulaires permettant de composer la veste ou le manteau de notre choix.

Veste-manteau, les étapes de la réalisation

Le placement et la coupe

Le placement des pièces du patron sur mes trois petits coupons a été un exercice intéressant. Mes coupons mesuraient deux fois 70X140 et une fois 90X140. Il a donc fallu couper les pièces perpendiculairement au droit fil. Par ailleurs, le motif étant linéaire, il n’a pas été possible de créer une symétrie du motif sur le devant. Avec la Prof qui sait exploiter les motifs, nous avons choisi un placement qui mettrait en avant les différentes couleurs des grandes fleurs, plutôt que de reproduire le même coloris de part et d’autre du devant. Par ailleurs, pour simplifier les choses, nous avons coupé le devant en un seul morceau, donc supprimé la couture au niveau de la taille et nous avons posé le dos au pli, contrairement au patron d’origine.

Les manches tailleur, donc en deux parties, ont, quant à elles, été coupées dans le droit fil.

Nous avons pas mal cogité aussi pour le placement des parementures devant, puisque le revers de parementure allait former le col de la veste-manteau. La première idée fut d’utiliser un autre tissu, puisque les chutes de mes coupons étaient petites et ne nous offraient plus beaucoup de solutions. Nous avons essayé de poser des revers noirs, mais le tissu acheté à cette fin s’est avéré de très mauvaise qualité et d’ailleurs le noir intégral était trop triste. Puis nous avons essayé une bourrette de soie couleur framboise écrasée, mais au final l’ajout d’une couleur supplémentaire était « too much« .

Au final, nous avons tout de même dû nous rabattre sur les chutes. Nous avons choisi, pour faire le revers de col, un petit coin de motif à fond noir et lignes blanches. Une parementure a pu être coupée en une seule pièce et la deuxième a été reconstituée en forme de patchwork pour reproduire le même motif noir et blanc sur le deuxième revers. On n’y voit que du feu. Vraiment, la Prof ès rustines nous étonnera toujours.

La couture

Que vous dire, cela fait si longtemps que j’y travaille, que j’ai presque oublié les étapes importantes de la couture.

Il est vrai que la forme est très simple et les lignes droites, donc, en théorie, pas de grosse difficulté. La seule difficulté potentielle était la réalisation des manches tailleur. Pour identifier d’éventuels ajustements à ce niveau (par exemple un excédent d’embu),  j’ai réalisé une toile. Je vous montre cela en photo. Elles sont pas belles mes manches ? On dirait presque une veste façon DeSigual !

Il a fallu effectivement les reprendre pour qu’elles s’ajustent mieux. Il a également fallu modifier les pinces poitrine, la pente et la longueur d’épaule et, enfin, cintrer un peu au niveau du buste. Je vous propose une photo des ajustements du patron. Les tracés roses sont les lignes validées.

 

Bref, lorsque je suis passée à la phase des finitions, je me suis aperçue à quel point j’avais été mal avisée de craquer pour ce tissu si spectaculaire et si peu maniable. Il est raide et nervuré. Les nervures ne sont pas horizontales et de ce fait, il est impossible de faire des coutures ou des surpiqûres bien rectilignes. De plus, le tissu ne se laisse pas repasser. Une galère.

Malgré tout, j’ai refusé de baisser les bras. Ce projet, je l’avais dans la peau et je savais que j’irais jusqu’au bout. Alors comme la Prof m’a fait remarquer en passant que l’intérieur de ma veste-manteau n’était pas très propre, j’ai décidé de ganser les coutures. Pour cela j’ai choisi un biais imprimé vache en noir et blanc. Vous voyez, je ne recule devant rien !!

Le dernier exercice de patchwork ou de rustines a été pratiqué sur la parementure dos. Je l’avais pourtant bien coupée en suivant le patron du dos, mais quand j’ai voulu la poser, je me suis aperçue qu’elle était trop petite. Qu’à cela ne tienne, deux rustines plus tard, la parementure était adaptée au dos. Le défaut de ce rattrapage est qu’il crée dans le haut du dos une surépaisseur impossible à corriger au repassage. Ah, j’oubliais, j’ai aussi posé des épaulettes pour donner un plus joli arrondi à la tête de manche.

Les parementures, dernière galère

J’en suis arrivée au stade où la veste est terminée : les ourlets des manches et du bas sont cousus, la veste-manteau a été lavée et séchée. Il me faut à présent prendre une décision capitale : boutons or not boutons !

Le parti des « pro boutons » me dit que les boutonnières maintiendront la parementure qui a une fâcheuse tendance à se déplier au niveau de la croisure de la veste (malgré une sous-piqûre).

Le camp des opposants me disent que ce f…. tissu ne permettra pas de coudre des boutonnières propres.

Voilà où nous en sommes…

PS. J’ai fait quelques points discrets pour maintenir la parementure et finalement la version de la veste « bord à bord » a l’emporté.

Je vous souhaite une belle journée.

Fanfreluche

28 Comment

  1. Mais qu’elle est belle ta veste-manteau et une super idée d’avoir choisi ce tissu que je trouve très japonisant. Te voilà très élégante, mais peut être pas habillée assez chaudement pour courir les marchés de Noel …. n’empêche, avec une cape sur les épaules à faire tomber dès que la température le permet, tu es prête pour épater le monde autour de toi

  2. Ah oui, tu as raison Mary Tainne, cette veste-manteau est davantage adaptée pour être portée à l’intérieur. Ceci dit, c’était mon intention. La cape est une excellente idée. Je n’en ai pas, mais j’ai un poncho en maille assez douillette. A garder à l’esprit.
    Tu as déjà commencé à arpenter les marchés de Noël ? Nathalie (Falbala) et moi nous y sommes allées lundi entre midi et deux. Il n’y avait pas foule… On y retournera, c’est sûr.

    1. Non pas encore parcouru de marché de Noel, notre concert de ce 1er dimanche de l’Avent avait la primeur pour rentrer dans cette période de l’attente, mais le 9 nous filons dans le Schwarzwald …….

    1. En réalité, c’est grâce aux photos que j’ai vu combien le placement du motif est joli dans le dos. J’en suis vraiment contente. Après, il est vrai que ce n’était pas de tout repos. C’était de la couture vitesse escargot. Je suis impatiente de voir la révélation de ton projet rebelle aussi.

    1. Chère Sarah, je crois qu’il faut la bonne dose d’apnées et de suées pour réellement apprécier un projet une fois terminé. Quoi qu’il en soit, le prochain projet on le fait – un peu – plus simple. OK ?

  3. Merci beaucoup Terpsi ! Le tissu s’est avéré récalcitrant, mais le motif me plaît toujours autant. Il faudrait maintenant une petite robe noire à porter avec pour rester dans le ton de l’élégance. J’y réfléchis.

  4. et ben dis donc ! voilà une veste totalement unique, tu ne risques pas de voir la même sur une autre ! pour l’hiver ce sera un peu juste, mais aux beaux jours, avec un jean ou une robe unie couleur compétente; En tout cas, elle tombe à merveille sur toi .

    1. Haha, effectivement, je ne risque pas de revoir la même. Et pourtant l’autre jour en ville j’ai entraperçu dans une vitrine, une robe ornée de grandes fleurs similaires. Ça m’a fait un choc. Comment osent-ils ?

    1. Tu as bien raison Anne-Marie. Il est clair que je ne me lancerais pas dans de tels projets sans l’aide de notre Prof. Mais grâce à son enseignement je suis maintenant capable de réussir toute seule des projets un peu plus techniques. Peu à peu, on maîtrise.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *