La tête dans les étoiles…

La tête dans les étoiles…

Il y a des projets qui trainent, celui là en fait indéniablement partie.. J’avais commandé il y a quelques années un chemin de table de Noël, à la Coudrerie, du temps de ses anciens propriétaires, les Ober. J’avais indiqué les dimensions que je voulais (2, 10 m. sur 47,5 cm) et au niveau des motifs je lui avais laissé carte blanche. De toute façon, même quand on lui demandait quelque chose de précis, il disait d’accord et ensuite n’en faisait qu’à sa tête, ou suivant son inspiration. Ma seule demande avait été de petits motifs de Noël, plus faciles à broder. Bien sûr, il m’a imprimé de grands motifs…

# Chemin de table la Coudrerie

J’ai très longtemps hésité pour le choix des couleurs. Je voulais rester sur des couleurs de Noël et pas trop de couleurs différentes. J’avais même été à la mercerie du bain aux plantes espérant trouver l’illumination. Bon tout ce qui est feuillage, ça va de soi, pour les fleurs je suis restée sur du blanc/écru et rouge mais j’ai longtemps hésité sur les décorations de Noël et les bougies. J’ai finalement opté pour du bleu, la couleur de prédilection de ma mère. Je voulais aussi quelques touches de doré. J’avais trouvé les références d’un super fil doré, résistant au lavage (jusqu’à 60°), mais il a été longtemps en rupture de stock (Fil Rico, metallic, coloris 921). Merci à Monsieur qui passait régulièrement à la mercerie d’Ingwiller qui dispose d’un bon stock de fils à broder et qui m’avait commandé ce fil doré. L’année dernière, j’avais même trouvé à la mercerie du Fil amant une superbe dentelle ancienne, rouge et verte, qui irait vraiment bien, mais cela ne m’a pas motivé beaucoup plus pour autant.

# Chemin de table la Coudrerie, dentelle du Fil amant

Je dois avouer que broder ce chemin de table n’a pas été des plus plaisants peut-être à cause des motifs qui ne correspondait pas à ce que j’avais initialement en tête.. Chaque automne, je ressortais ce chemin de table pour l’abandonner peu de temps après.

# Chemin de table la Coudrerie

Bon cette année Noël est vraiment atypique… D’habitude, dès le mois de septembre-octobre, je commence à réfléchir aux cadeaux de Noël, à faire des listes de projets.. Bon à cette période, j’avais d’autres problèmes en tête qui m’ont détourné de ces préparatifs.. Puis quand décembre est arrivé, pas de promenades sur les marchés de Noël, à la rencontre des stands fétiches ou des villages préférés d’Alsace.. Pas d’achat de nouvelle crèche de Noël.. Pas de virée en ville pour voir le splendide sapin érigé pour les fêtes… Pas de visite de Mulhouse pour acheter le tissu de Noël. Cette année, il y a quand même eu une édition, Résilience (tout un programme!) mais le tissu ne fait absolument pas Noël, donc j’ai fait l’impasse.. Tous ces petits rituels de préparation et d’instants magiques qui nous permettaient d’avoir la tête dans les étoiles..

# Chemin de table la Coudrerie

Durant mon immobilisation forcée, les premiers jours je n’avais envie de rien. Puis petit à petit je me suis remise à broder, en essayant de me mettre un peu la tête dans les étoiles.. J’ai alors décidé de terminer ce chemin de table cette année. Je n’ai pas retrouvé le coton perlé bleu que j’avais utilisé initialement pour les décos de Noël. J’ai fouillé partout mais sans succès… Bien sûr j’ai fini par le retrouver dans une boîte improbable une fois que la broderie était finie.. En désespoir de cause, j’ai utilisé un autre bleu tirant légèrement sur le violet. J’étais à deux doigts de défaire la broderie déjà faite avec le bleu initial mais il aurait aussi fallu défaire le fil doré qui est une vraie plaie à utiliser et défaire. Pour l’enfiler il faut absolument utiliser un enfile aiguille tant le fil est raide et épais. Les aiguillées doivent rester très courtes car ce fil vrille très rapidement pour commencer puis se délite complètement.

# Chemin de table la Coudrerie

Les points utilisés sont simples, du point de tige pour les contours, du remplissage au point lancé, du point de nœud et du point de mouche pour le feuillage (sapin).

# Chemin de table la Coudrerie

Une fois la broderie terminée, j’ai lavé le chemin de table et la dentelle séparément. J’avais peur que la dentelle dégorge, ce qui n’a pas été le cas. J’ai ensuite posé mon chemin de table sur ma grande table de coupe pour positionner la dentelle d’1 cm sur le tissu. J’ai hésité entre coudre à la main ou à la machine.

J’ai une prédilection pour la couture de la dentelle à la main mais j’ai quand même fait un test à la machine. Le résultat n’a pas été concluant, on voyait trop les points de machine sur la dentelle très ajourée. J’ai fait un premier tour sur la partie la plus basse (quasiment sur le bord du chemin de table) et ensuite un second tour pour fixer le haut de la dentelle. Cela simplifie au final le repassage puisque la dentelle ne bouge pas. En contrepartie l’envers n’est pas folichon mais au moins sur l’endroit on ne voit pas la couture.

Il me reste à trouver un tissu pour une nappe assez neutre et unie qui s’accorderait avec ces couleurs du chemin de table et de la dentelle.

Allez pour finir de se plonger la tête dans les étoiles, quelques photos d’une exposition de crèches du monde entier à Obernai (Noël pour tous les Bethléem du monde), l’année dernière, issues de la collection de l’association Bethléem, de Muzeray  Cette expo était assez magique même si l’éclairage assez mauvais ne m’a pas permis de faire des photos très nettes.

Sur ces belles images, je vous souhaite à tous et toutes un très joyeux Noël.

Nathalie

En mode nomade # 1: jupe prototype en maille et autres gourmandises

En mode nomade # 1: jupe prototype en maille et autres gourmandises

Je ne sais pas vous mais depuis que … enfin vous savez .. qu’on n’est pas libre d’aller où bon nous semble, je suis en mode nomade, en milieu privé et fermé s’entend… Je suis pourtant d’un naturel casanier, je peux rester chez moi pendant plusieurs jours d’affilée sans problème.. Mais les événements de ces dernières semaines m’ont replongé quelques années en arrière où je suis restée immobilisée à la maison pendant pratiquement trois mois, pour cause de jambe dans le plâtre..

Comme maintenant j’étais tout de même en télétravail. Je vous laisse imaginer le tableau: tout mes documents sur ma grande table basse (à l’étage, ben oui c’est plus fun de grimper un étage en béquilles) et la jambe surélevée posée sur un coussin, ordinateur, portable, téléphone fixe, tout vrombissait en même temps!!! Je n’avais pas le temps de m’ennuyer d’autant que j’avais la visite quotidienne de mes voisines. La Tatie Onemei entrait en trombe dans la maison en criant: c’est l’Abrapa!!! J’avais droit à mon repas du midi et le café de 4 heures en leur compagnie.. Mais un soir j’ai piqué une crise de panique, d’angoisse, je ne supportais plus ces quatre murs autour de moi.. Quand Monsieur est rentré, je lui ai demandé de m’emmener faire un tour en voiture dans le coin, n’importe où, histoire de voir autre chose que ma table basse ou la chambre à coucher!!!

Pour éviter cette crise d’angoisse, mon bureau virtuel est cette fois en bas, dans la salle à manger et dès que je peux je me réfugie sur le balcon pour profiter des rayons de soleil, c’est l’annexe de mon bureau et un lieu parfait pour les vidéoconférences. J’ai remis en état une petite terrasse et nous tournons dans la maison, histoire de ne pas être cantonné au même endroit sans arrêt… Je trimballe mes affaires partout, en mode nomade.. C’est peut-être pour cette raison que je n’avais pas envie de m’enfermer dans la pièce couture!! Donc en mode nomade, j’ai tricoté, brodé et un peu cousu un peu partout dans la maison et le jardin…

Ce long week-end de Pâques a été assez productif.. J’ai commencé par broder un petit napperon. J’ai encore pas mal de pièces achetées chez M. Ober de la Coudrerie donc je n’avais que l’embarras du choix. J’ai choisi ce petit napperon pour Marie, du Fil Amant. Je voulais la remercier pour m’avoir dépanné en élastique en cette période, pour coudre des masques.. Mais a-t-on vraiment d’une raison pour faire plaisir???

L’Alsacienne à la fontaine, pièce dessinée par M. Ober de la Coudrerie

Ce qui m’a plu dans ce modèle de l’Alsacienne à la fontaine, c’est sa gaité et son insouciance. Elle est pleine de vie, sourit et puise de l’eau, certainement pour préparer des boissons ou rafraichissements à partager entre amis. Bientôt peut-être.. C’est surtout la robe et les détails du tablier que j’aime beaucoup. En broderie, la question est toujours par quoi commencer, le plus long ? le plus difficile ? J’ai fait la gourmande en m’attaquant d’abord à la robe et au tablier.

C’est une pièce simple, brodée essentiellement au point de tige, avec quelques petits remplissages au point de feston. J’ai eu quelques difficultés pour le rendu de l’eau qui coule et après plusieurs essais j’ai décidé de symboliser l’eau par des points de nœuds..

Et une photo spéciale pour Martine de l’envers où tous les fils sont bien rentrés et pas un nœud.. ça va ? pas trop mal??

Depuis quelques semaine, je tricote un châle. Voici une photo de la première étape. Depuis il a pas mal progressé mais je vous en reparlerai plus une fois qu’il sera enfin terminé. Comme je le veux assez enveloppant, je suis encore un peu loin du compte mais peut-être pas tant que ça!!! Mais du temps on en a non?

Projet de châle Saint Malo, modèle d’Hélène du site « Soie et laine »

Je me suis enfin attaquée à un vieux projet qui était en attente depuis pas mal de temps: une jupe en maille avec un jeu de fronces sur le côté. Entendons nous bien, il s’agit d’un exercice de style que j’ai réalisé à partir d’un de mes bouquins sur la maille: « Le patronage pour la maille et les tissus extensibles » de Julie Cole, aux Éditions Eyrolles. Il s’agit de mon premier essai des patronnages proposés dans ce bouquin. C’est le côté construction qui m’a intéressé. Je n’avais pas vraiment envie de coudre pour agrémenter ma garde robe, tout cela me paraît un peu futile en ce moment mais élaborer un patron pour voir s’il fonctionne, ça oui!! J’ai utilisé un morceau de jersey (viscose?) acheté à la caverne alsacienne il y a pas mal d’années.. Ouiiiii c’est du camouflage, version été comme dirait Martine (à cause du blanc). J’adore le contraste des couleurs et du blanc sur ce tissu. Le schéma de construction n’est pas très compliqué quand on suit le mode d’emploi, il est est basé sur la jupe de base en maille (réalisée grâce au tuto de Mars elle, ici et ).

Voici les pièces du devant et du dos. J’ai bloqué sur ce projet à cause des ourlets. Il n’y a pas d’indication détaillée du montage de la jupe mais j’ai vite compris qu’il fallait coudre les ourlets avant de monter la jupe, un des panneau devant (celui du dessous de devant) plus court étant complètement pris sur le côté. J’avais fait un premier essai à la recouvreuse qui s’était avéré désastreux. J’ai tout défait laborieusement, surjeté le bas des ourlets et décidé que je le ferai à la main. Le tissu est assez moumou et la couture à la main m’a pris un certain temps. D’ailleurs elle est loin d’être parfaite, mais on s’en fiche on est dans le prototype.

Une fois mes ourlets prêts, il n’y avait plus qu’à.. J’ai assemblé d’abord la pièce devant dessus (qui est froncée) et puis par dessus l’autre pièce devant qui va en dessous, logique non? D’ailleurs je me suis bien plantée sur mes talons, il manque des petits bouts de tissus au niveau des ourlets.. A corriger sur le patron.. Vu que c’est de la maille cela ne va pas s’effilocher, mais quand même autant faire les choses bien la prochaine fois!!

Il y a juste un cran de montage de la partie froncée sur l’autre pièce du devant (qui va dessous). J’ai rajouté le même cran de montage sur le dos puisqu’il faut d’abord bâtir sur le dos avant de rajouter la pièce devant (dessous). Ensuite c’est simple, deux coutures latérales en prenant bien garde à ne pas déraper au niveau de l’ourlet. J’ai enfin rajouté une ceinture droite, montée à la surjeteuse. Elle fait 7 cm de large (avant d’être repliée en deux) pour un élastique de 2,5 cm. J’aurais certainement dû utiliser du fil blanc à cause de l’envers du tissu. Mais non j’ai pris du noir et du kaki et on voit par endroit le fil noir surtout au niveau de la ceinture.. Prototype!!!! En tout cas elle sera parfaite pour du télétravail!!

Question rendu, le résultat est plus que mitigé,  je trouve que le croisé devant n’est pas assez flagrant par rapport à la longueur de la jupe et le rendu de la partie froncée, bofbof. C’est encore pire sur ma pauvre Falbala (ci-dessous), la jupe part dans tous les sens. Bon c’est sûr il lui manque des cuisses pour que le tissu se pose mieux.. J’ai constaté également un décalage des pièces avant par rapport au dos de pratiquement un centimètre. Faudra que je rectifie le patron.

#Le patronage pour la maille et les tissus extensibles, Julie Cole

J’ai aussi cousu des masques sur la base du tuto de the Amazing Ironwoman …  (oui je sais il manque encore les élastiques!!) pour nous et en raison de commandes passées par des amies et collègues. Mon homme m’a aidé à couper les pièces tandis que je cousais à la chaîne! Un parfait travail d’équipe.. c’est bien la première fois qu’il est resté tant de temps dans mon atelier couture et de surcroit à m’aider, les quelques fois où il a fait irruption c’était juste pour régler les problèmes de hi-fi ou me dire qu’on pouvait passer à table… Je pense que je vais également tester un autre tuto déniché par Fanfreluche et qui a l’air pas mal du tout, histoire de varier les plaisirs.

Et pour finir, quelques photos du jardin, en mode nomade..

De splendides pivoines, si odorantes…

Et ce beau cognassier en fleurs.. C’est un arbre que Monsieur a planté parce que j’adore la confiture de coings de la Tatie Onemei. A l’occasion, faudra que je vous donne sa recette si elle veut bien la partager. Je ne suis absolument pas fan des confitures, mais celle là est à tomber..

Encore quelques fleurs, ça fait toujours du bien au moral..

A suivre peut-être quelques conseils lecture (couture et romans) et avec un peu de chance et de motivation la jupe plissée duo qui attend encore sagement que je vienne la scotcher!! En attendant vous avez pu déjà voir le rendu sur la version splendide de Fanfreluche. Encore une jupe parfaite pour le télétravail!!

Et voilà la petite Alsacienne a trouvé une place de choix dans la boutique de Marie..

Très bonne soirée

Nathalie

Semaine textile #2: D.M.C. ou l’art du fil

Semaine textile #2: D.M.C. ou l’art du fil

La visite de D.M.C. faisait partie de mon choix coup de cœur (en tant que brodeuse à mes heures perdues), mais malheureusement D.M.C. était complet. Je me suis inscrite sur liste d’attente auprès de l’office du tourisme de Mulhouse, sans grand espoir au vu de la forte demande, mais nous avons eu la chance de bénéficier de 2 désistements pour D.M.C., probablement en raison des craintes suscitées par le passage du tour de France.. Ce dont j’aurai l’occasion de reparler plus tard, grrrrrr..

L’équipe de D.M.C. nous a installé dans une petite salle pour nous faire un petit topo préalable de la visite, très pédagogique.

D.M.C. Mulhouse

D.M.C. représente les initiales de ses fondateurs, à savoir la famille Dollfus, dont l’un des directeurs avait épousé une Mieg et qui est devenu Dollfus-Mieg & Cie: D.M.C. Le logo est passé d’une cloche à un cheval et la symbolique du cheval a évolué (la pointe sous le cheval qu’on voit sur la photo a désormais disparu, le sens du cheval a été modifié). Son siège est à Mulhouse avec une grosse logistique installée à Illzach. Ses produits phare que les brodeuses connaissent bien, sont le mouliné, composé de 6 brins, et le coton perlé qui existe en plusieurs épaisseurs de fil, le mouliné représentant 60% du chiffre d’affaires.

Mouliné D.M.C.

L’usine D.M.C. de Mulhouse fabrique dans une certaine mesure son fil, le mercerise, le teinte et le transforme en produit fini. Elle ne fabrique plus de toile mais achète des produits manufacturés dans la région. Elle ne teinte pas non plus les toiles ni la laine qu’elle revend.

Fabrication du fil

D.M.C. n’utilise que du coton essentiellement d’Égypte qui est filé au Pakistan. D.M.C. effectue une opération dite de retordage pour le mouliné : chaque brin de mouliné est composé de deux filé de fibres, issus de la transformation des fleurs de cotonniers en fils, et qui sont retordus ensemble. Cela devient du retors. En fonction de l’utilisation, à savoir couture ou broderie, les fils sont retordus dans un sens ou dans l’autre pour tenir compte de la manière dont le fil et l’aiguille pivotent. Les bobines de fils sont ensuite transformés en grands écheveaux aux fins de traitement et transformation.

D.M.C.

Le nombre de machines pour transformer ces fils en écheveaux est assez époustouflant:

Pour faciliter le travail de transformation, chaque type de fil fabriqué est identifié par une ligature autour des écheveaux constitués, avec un code couleur bien spécifique. Ces ligatures ne sont pas en coton, elles supportent donc tous les traitements que le fil va subir par la suite, sans s’altérer ou changer de couleur.

et en application

Echeveaux D.M.C. ligatures

Mercerisage

Le coton n’étant pas très hydrophile, des opérations préalables dites de mercerisage sont nécessaires avant sa teinture pour  permettre aux colorants véhiculés par l’eau de bien s’accrocher aux fils. A cette fin, les fils de cotons sont trempés dans de la soude caustique et étirés pour que la soude pénètre bien au cœur des fibres, au moyen de ces machines ci-dessous. Cette opération chimique permet d’avoir un fil très brillant, très résistant au lavage et à la lumière et des couleurs riches et intenses. Et oui le coton et la beauté ont un prix…

Teinture

Les colorants utilisés ne sont pas fabriqués par D.M.C.. Ses fournisseurs de colorants sont européens même si D.M.C. reconnaît que la plupart des colorants sont produits en Asie. Chaque couleur est en principe composée de 3 couleurs différentes: rouge, bleu et jaune. Pour certaines couleurs particulières comme le turquoise, les violets, un seul colorant est utilisé. D.M.C. dispose d’un laboratoire chimique dont le rôle est notamment de contrôler la qualité des colorants. Il développe également de nouvelles formules ou corrige certaines formules qui n’ont pas fonctionné de manière adéquate. Il compare et analyse également les colorants utilisés par la concurrence (Coats) pour améliorer la qualité des fils D.M.C..

Les teintures sont effectuées dans des armoires de différentes tailles. Ces armoires permettent à la fois de blanchir, teinter et savonner pour enlever l’excès de colorant. Une seule couleur est utilisée par machine puis dans des teintes dégradées de la même nuance pour rentabiliser le processus et éviter de rincer les machines. Pour les fils changeants, une armoire spéciale contient plusieurs bains de couleurs. Au vu de la quantité d’eau requise pour ces opérations de teinture, D.M.C. utilise sa propre eau.

Dans certains cas des savonnages plus importants sont rendus nécessaires. Ils sont effectués dans des machines distinctes.

Savonnage D.M.C. Mulhouse

Savonnage

Une fois les fils teints, les gros paquets de fils sont à nouveau embobinés pour faciliter leur transformation en produits finis pour la vente, en pelotes ou échevettes .

D.M.C. Mulhouse

C’est le stade du finissage. Les photos ne sont malheureusement pas autorisées au finissage parce que la plupart des machines qui interviennent à ce stade ont été fabriquées par D.M.C. et font toute la spécificité du rendu final de ses fils. Les produits finis sont ensuite rangés dans des petites boîtes avec le logo de la marque pour accomplir des merveilles.

Fils D.M.C.

Encore quelques fils spéciaux.

Je vous souhaite une très bonne soirée, en attendant les prochaines visites.

Nathalie et Monsieur

Talents La broderie d’art nous fait rêver

Talents La broderie d’art nous fait rêver

Ce n’est pas si souvent qu’il y a des expositions / ateliers sur la broderie par chez nous. L’association Brode-Art, créée en 2013 et qui est installée en Alsace, à Illkirch (sisi Fanfreluche), œuvre pour la promotion de la broderie sous toutes ses formes. Pour renforcer son action, elle a mis en place Talents, salon / exposition entièrement consacré à la broderie. La première a eu lieu en 2015 en Alsace et cette année, c’était la 3e édition. Une occasion à ne pas rater d’autant que je voulais rencontrer un des exposants (parrain de l’exposition de surcroît) qui sera présent à Nantes, à l’occasion du salon Pour l’amour du fil.

J’ouvre ici une parenthèse pour vous parler un peu de Nantes. Les Serial piqueuses ont décidé avec la Prof d’y faire une escapade pour découvrir ce salon, Pour l’amour du fil. Tout un programme au vu des dimensions gigantesque et de la grande diversité des exposants et activités proposées. Nous nous sommes chacune inscrites à des cours d’art textile et de broderie.  Nous aurons probablement l’occasion d’en reparler et je ne peux que vous inviter dans le court intervalle à consulter leur site, si jamais cela vous intéresse.

Pour en revenir à cette exposition sur la broderie d’art, elle s’est tenue sur trois jours, malheureusement dans un local trop modeste, en termes de dimensions. Il y avait toutefois une grande diversité de techniques de broderies et d’art textile. Je dois avouer que j’ai davantage eu des coups de cœur pour la partie « art textile », alliant la couture ou la fabrication d’objets à la broderie.

Cécile Meraglia (Belgique) (« aventure textile »).

Elle a recours à la technique du feutrage et mélange les matières (fils, papier mâché) et les techniques (couture, broderie, patchwork etc), pour créer des objets. Les pièces exposées étaient dans des tons de blanc, très épurées. Elle recourt également à davantage de couleurs comme on peut le voir notamment sur son site et ailleurs.

Pascal Jaouen, brodeur et styliste, parrain de Talents éditions 2019.

Il a créé une école de broderie d’art à Quimper où il revisite les techniques de broderie bretonne anciennes, dont la broderie Glazig. Cette broderie était utilisée sur les vêtements traditionnels bretons, au cordonnet de soie, avec des motifs géométriques puis floraux. C’est avec grand plaisir que j’ai pu discuter avec lui et au passage j’en ai profité pour acheter deux livres avec des motifs à broder, dont un que la tatie Onemaï m’a immédiatement piqué !! Il a écrit de très nombreux ouvrages dont certains me tentent bien (dont le Brodeur bleu…). J’ai hâte de participer à son atelier à Nantes.

Il proposait de nombreux kits de broderie et exposait bien sûr certaines de ces réalisations. J’adore la vivacité des couleurs et le mélange de points de broderie. Je ne suis pas vraiment fan des broderies encadrées, pour moi la broderie doit rester vivante et se mêler aux objets du quotidien, notamment les vêtements. Je vois très bien ce genre de broderies sur un pantalon, une veste ou même un sac.

Il réalise également des vêtements qui malheureusement n’étaient pas exposés. Les articles sur ses expositions ne manquent pas sur la Toile et ses créations sont absolument magnifiques. Pour un petit aperçu, il y a un article très complet sur le site de Mimiblue, et encore ou ici. J’en bave encore.. Qu’est-ce que c’est beau!!

Marie Pourchot – Art textile

Un grand coup de cœur pour cette artiste, peintre de formation, et ça se voit, avec ces explosions de couleurs! Ses créations se ressentent également de sa formation en anthropologie. Elle a exposé notamment ce magnifique kimono qui fait partie de son projet Kimonoshima et que l’on peut voir porté par des danseurs sur le site de l’artiste. Elle a également suivi les enseignements en broderie de Pascal Jaouen.

Détail de la manche avec ce mélange très harmonieux et délicat de points de broderie, de perles, dentelles et paillettes…

Maison de couture Nicolas Jover et Yannick Delplace – Plumes et broderies

Sur leur stand déserté (dommage..), figuraient de magnifiques robes. Nicolas Jover se présente comme le brodeur et Yannick Delplace comme le plumassier. Leurs créations très originales sont vendues sur leur site soiéphémère. Il n’est pas très convivial mais ça vaut la peine d’insister pour naviguer dans les différentes rubriques. Pour la petite histoire, leur société est installée à Montpellier à proximité de là où j’habitais pendant mes études. Le monde est petit..

Parmi leurs créations figurent également des chaussures, bijoux et cols Claudine, agrémentés de plumes. Il s’agit à chaque fois de pièces uniques. Prix probablement uniques, non affichés sur leur site!

A noter enfin Caroline Gamb, brodeuse et créatrice  textile, qui fait partie de l’association Brode-art et y anime des cours de broderie.

Voilà pour un (tout) petit aperçu de ce qui m’a le plus plu. Cette exposition est en fait plus une occasion de rencontrer des créateurs, brodeurs et autres, et de découvrir leur travail, via leur site ou ouvrages le cas échéant. Le site de Talents présente par ailleurs dans le détail chaque exposant pour celles et ceux que ça intéresse. ..

En attendant de nouvelles aventures après notre virée à Nantes, je vous souhaite un très joyeux week-end de Pâques.

Nathalie

Customisation brodée sur la robe jumelle

Customisation brodée sur la robe jumelle

Il y a quelques jours Fanfreluche et moi avons craqué pour la même robe blanche brodée, achetée chez Other stories. Ses jolies broderies et sa légèreté en font une robe tout à fait adaptée aux chaleurs et elle ne serre nulle part… Mmm.. ça pourrait faire un joli « uniforme » pour le boulot!!

Nous avons tout de même décidé de les différencier un peu et nul doute que Fanfreluche s’y attaquera après son retour du Nouveau Monde… Il y avait d’abord un défaut sur les deux robes: l’agrafe dans le dos ne tenait pas et s’ouvrait tout le temps. Fanfreluche a suggéré un petit bouton avec une bride mais moi j’étais partie sur un ruban avec nœud.

Bon pas toujours facile à faire dans le dos et puis à la mercerie du bain aux plantes, je suis tombée sut ce petit bouton rond vert clair transparent.. Bien sûr l’idée était de rester sur le vert, déjà présent dans la broderie.

J’avais envie de continuer à jouer la carte de la broderie pour customiser cette robe. J’ai acheté du mouliné vert menthe (coloris 503) pratiquement identique à celui déjà utilisé dans les broderies.. J’ai commencé par couvrir la couture orange des ourlet du bas de la robe et des manches par un petit point de chainette. J’avais envisagé de faire un point plus large mais le tissu étant très fin j’ai craint de faire des trous dans le tissu. Le point de chainette est sur la triple épaisseur des ourlets.

 

Pour l’encolure, la robe étant doublée (oui je sais elle reste quand même un peu transparente!) j’avais un peu plus de marge pour le point de broderie.. J’ai farfouillé dans mes bouquins de broderie et après quelques essais j’ai finalement choisi le point d’épi, variante du point de chainette avec des points lancés. C’est un point de bordure qui suit aussi les courbes et vraiment facile de réalisation.

J’ai également fait le même point pour souligner la couture du haut de la jupe

Voilà on est prêtes pour l’été et ça tombe bien, aujourd’hui il fait beau (chez nous!)

Bon dimanche

Falbala

 

 

Le coussin porte-alliances – Projet mariage #1

Le coussin porte-alliances – Projet mariage #1

Je vous présente aujourd’hui un projet très particulier qui s’inscrit dans le grand chapitre « Mariage » dont je vous ai déjà parlé dans l’article sur le tag « La couture et moi » (question n° 9).

Si vous suivez un peu ce qui se passe sur ce site, vous aurez donc appris que mon « grand bébé » va se marier cet été, avec sa jolie chérie. Lorsqu’il nous l’a annoncé, deux projets couture se sont rapidement dessinés (une robe pour moi et une robe pour la princesse Augustine), mais il y avait aussi ce projet supplémentaire qui germait depuis un moment. Le mariage aura lieu loin de l’Alsace et je me trouve donc mal placée pour participer à l’organisation, la décoration ou autre élément de préparation de ce bel événement. J’ai pensé malgré tout que je pourrais peut-être faire une contribution créative.

Lors du mariage de sa sœur, j’ai pu apporter un peu plus d’aide pratique, mais surtout, pour faire une surprise aux futurs mariés, je m’étais occupée de concevoir une façon originale et personnalisée de présenter les alliances lors de la cérémonie religieuse. Cette fois-ci, j’ai pensé à une façon plus traditionnelle de présenter les alliances. Comme les mariés avaient d’office envisagé que ce serait Augustine qui serait chargée de les porter jusqu’à l’autel, il fallait en plus que ce soit fonctionnel.

Sur cette base, j’ai décidé de confectionner un petit coussin porte-alliances dont j’ai choisi et dessiné les motifs pour leur symbolique : le cœur vendéen pour la fiancée, le couple de petits alsaciens pour le fiancé et les feuilles de vigne, symbole de prospérité qui allient les deux. Je vous montre le dessin original.

Je ne suis pas une brodeuse émérite, loin s’en faut ! Heureusement que ma Falbala est au top de ce côté-là. Je vous invite à faire une visite dans la section broderie de notre site, où vous verrez les merveilles qu’elle réalise. Donc, Falbala m’a conseillée, guidée et encouragée. J’ai appris beaucoup en réalisant ce petit projet dans lequel j’ai mis beaucoup de cœur et d’amour maternel (trémolos !!). Le coussin porte-alliance n’est pas parfait, mais il sera pour longtemps, je l’espère, un souvenir de cette journée pour nos deux amoureux.

J’ai utilisé, pour la réalisation, un coupon de métis (coton et lin) grège, trouvé lors des puces des couturières à Obernai. Le fil à broder a été fourni par Falbala qui adore broder des motifs alsaciens et sait que le coton perlé rouge changeant donne beaucoup de relief aux motifs. J’ai complété le tout par une petite dentelle dénichée à la Mercerie du Bain aux Plantes. Le coussin en tant que tel est cousu dans un morceau de doublure rouge toute simple.

Et voilà, ce projet-là est terminé. Reste à attaquer les deux robes. Je sens que je vais regretter la broderie !

Je vous mets quelques photos. Vous verrez que j’ai cousu deux morceaux de ruban de satin rouge qui serviront à fixer les alliances sur le coussin porte-alliances. Il vaut mieux jouer la sécurité, car Augustine n’est pas connue pour sa délicatesse !

Bon week-end à tout le monde en attendant un prochain article sur une récente escapade nordique (attention teaser !)

Fanfreluche