C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes

Mais non, rassurez-vous il ne sera pas question de recettes, voire d’ustensiles de cuisine, mais bien de « bonne » couture. Enfin « bonne », c’est subjectif et ça dépend des fois.. Tout est parti de mon souhait de refaire une robe raglan.

Une robe Joy ratée…

J’ai trouvé à la mercerie du Fil amant deux coupons de tissus qui pouvaient se combiner pour une nouvelle robe Joy (voir ici pour le premier test). Il s’agissait de deux unis (ben oui pour une fois), un vert menthe, très clair, et un vert sapin. J’ai passé pas mal de temps entre la coupe, mes coupons étant très justes en taille, et le montage. Je m’étais tout bien appliquée pour la ceinture avec entoilage, boutonnières élastiques…

Une fois la robe montée, je me suis rendue compte que le vert clair avait mal supporté la surjeteuse, il y avait plein de petits trous au niveau des coutures (gros screugneugneu..). Avant d’insérer le fil élastique dans la ceinture, j’ai lavé la robe et je l’ai mise sur le dos de ma Falbala. Et là grosse déception, j’ai trouvé ça moche mais moche…. Je dois dire que l’avis a été unanime. Elle est assez serrée sur le mannequin, sur moi ça au moins ça allait! Faut que je change ses mensurations pour les adapter aux miennes.

Marie a suggéré d’enlever l’appliqué en pointe et pour les petits trous, de repasser à la machine à coudre à un ou deux millimètres de la couture de surjeteuse. J’ai donc démonté péniblement toute l’encolure et sa parementure pour pouvoir enlever l’appliqué et j’ai défait le raccord bas de ceinture et jupe pour pouvoir piquer correctement. Bon vu le temps et l’énergie que ça m’a pris, j’en suis restée là… D’autant qu’il faudrait aussi défaire les ourlets (triple point, sniff..) ou alors les couper carrément. Le projet mijote.. Entre-temps, Fanfreluche m’a refilé un bout de molleton à motifs pour égayer le projet et le combiner avec le vert clair… ça mijote toujours, j’espère que ça n’a pas cramé depuis le temps… Procrastination quand tu nous tiens et je dois dire pas mal en ce moment… Mais j’en reparlerai le moment (enfin) venu !!

Robe Maëlle, patron valeur sûre

Mon envie de raglan était toujours là. Et puis comme j’étais dans les opérations de « sauvetage », je me suis souvenu d’une robe Maëlle caméléon en sweat d’été que je ne mettais presque pas à cause du choix des manches et d’une encolure ratée. J’ai ramené ma robe à la mercerie du Fil amant et j’ai opté pour du jersey bleu marine pour les manches.

Défaire des coutures de surjeteuse, c’est beaucoup plus reposant, certes c’est un peu long mais c’est plus facile.. Et là, je dois dire que je suis ravie, je trouve que le bleu marine va super bien et avec la bande d’encolure c’est beaucoup plus propre et mieux fini que la version initiale !! D’ailleurs depuis son « relooking » elle a été portée très souvent et avec grand plaisir..

Maëlle en version graphique

Ah ! Ah !! que je me suis dit.. Restons dans le patron Maëlle qui fonctionne bien (et rapidement !) et fouillons dans le stock de tissus. Et là, j’ai retrouvé ce panneau de milano acheté il y a des lustres chez les Hollandais. Il me plaisait beaucoup à cause des motifs très graphiques mais je ne savais pas quoi en faire car je n’avais pas assez pour faire des manches. Au vu de ma robe caméléon en bi-matières, je n’avais plus qu’à faire la même chose. J’avais du jersey noir, acheté pour d’autres projets, mais j’ai tapé dedans pour les manches et la bande d’encolure.

J’ai utilisé toute la longueur du panneau parce que je trouvais que la partie kaki en bas finissait joliment le motif graphique. Et puis je me rappelais qu’une pince avait été rajoutée sur la robe mais je n’étais pas sûre d’avoir fait les ajustements sur le dos du patron pour que dos et devant correspondent. Bien m’en a pris puisque cette modification avait été oubliée. J’ai recoupé l’ourlet du dos en conséquence.

Impossible de faire du placement pour les raccords de cotés vu les dimensions du panneau. Mais le résultat passe.

A l’essayage, la robe était un peu large, j’ai repris d’environ quatre centimètres au total sur les côtés à partir de la pince poitrine et le résultat m’a paru satisfaisant. J’aime beaucoup cette robe mais j’ai de gros doutes sur ce milano. Au toucher, il a l’air très synthétique, et vu qu’il sèche très vite, je pense que la cause est entendue.. Mais le pire c’est qu’il colle affreusement sur les collants. J’ai fini par trouver un fond de robe qui résout le problème mais il est assez court et donc sur la partie de robe qui dépasse du fond de robe, tout s’électrise et colle encore (un peu comme mes cheveux!!)..

J’espère encore vous montrer avant la fin d’année une robe qui traine depuis des semaines et des semaines… Et il y aura sûrement des tenues de Noël, mais chuut… En attendant je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année..

Nathalie

Sentier des crèches : classicisme et exotisme

Sentier des crèches : classicisme et exotisme

Avec l’Avent, ce week-end de multiples expositions de crèches ont enfin ouvert leur porte en Alsace. Aujourd’hui, je vous en présente deux, différentes dans leur genre.

Cathédrale de Strasbourg et ses deux crèches

Tout d’abord, comme chaque année, la cathédrale de Strasbourg a mis en place sa grande crèche classique d’une vingtaine de mètres de long. J’avais été la voir il y a quelques années, mais c’est avec plaisir que je l’ai redécouverte avec Fanfreluche. Elle a été achetée au début du XXe siècle en Bavière.

# Crèche de la cathédrale de Strasbourg

Cette crèche ne se limite pas à la Nativité. Elle nous présente cinq scènes évangéliques (allez un peu de révisions y compris pour moi!!). L’Annonciation avec l’ange Gabriel qui annonce à Marie qu’elle portera l’enfant de Dieu.

# Crèche de la cathédrale de Strasbourg, l'Annonciation
L’Annonciation

La Visitation: Marie rend visite à sa cousine Elisabeth qui elle aussi est enceinte de Jean-Baptiste. On voit ainsi Marie enceinte

# Crèche de la cathdrale de Strasbourg, Visitation
La Visitation

La Nativité, à noter que l’enfant Jésus n’est pas encore installé dans la crèche!!! Et Marie porte la couleur bleue.

# Crèche de la cathédrale de Strasbourg, Nativité
La Nativité

L’Adoration des Mages, les rois mages sont représentés accompagnés de ce splendide éléphant et dromadaire. Et là on peut voir l’enfant Jésus dans les bras de sa mère..

La Présentation de l’enfant Jésus au Temple, quelques jours après sa naissance.

# Crèche de la cathédrale de Strasbourg
La Présentation au temple

Outre cette crèche, la cathédrale de Strasbourg expose également des figurines baroques d’une crèche napolitaine du XVIIIe siècle. Ce trésor a été retrouvé et restauré en 2015. Ces figurines sont en terre cuite, bois et cire. Elles sont revêtues de costumes flamboyants en tissus. Et là une Marie en rose, et un joli nouveau-né.

Les Rois Mages et autres personnages. Les costumes sont absolument magnifiques..

Église St Paul-et-Pierre d’Obernai: Exposition de crèches africaines

Chaque année, la ville d’Obernai accueille une exposition des crèches du monde. Avant la pandémie, j’avais été la voir mais il y avait un monde fou et mes photos n’étaient pas terribles car faites en vitesse avec peu de lumière. Cette année, l’exposition se limite aux crèches africaines. Question fréquentation c’était royal, très peu de monde..

# exposition de crèches Obernai 2021

Cette exposition présente les pièces de la collection de l’Association de Bethléem de Muzerai, dans la Meuse. J’ai lu quelque part qu’une trentaine de crèches d’autres continents étaient cette fois réparties dans les différentes boutiques de la ville. Je n’en ai vu qu’une. Le musée de l’Association expose tous les deux ans ses crèches. L’année prochaine, le thème sera les crèches provençales.

# exposition de crèches Obernai 2021

Un village entier du Congo est représenté:

Une des plus jolies est une crèche du Sénégal, de par la gaieté des personnages et l’explosion de couleurs. Les personnages sont en tissus.

Les crèches exposées sont du Sénégal, Burkina Faso, Niger, Congo, Madagascar, Tunisie… Je ne peux malheureusement en dire plus en l’absence d’explications ou de notices sur les pièces. C’est bien dommage..

Voilà j’espère que ce petit voyage dans le temps et autour du monde vous aura plu autant qu’à moi. Et peut-être à bientôt pour de nouvelles aventures sur le sentier des crèches.

Très bonne soirée

Nathalie

Le bonheur retrouvé: musée des crèches à Spaichingen

Le bonheur retrouvé: musée des crèches à Spaichingen

Novembre est toujours le tournant, l’amorce de l’hiver, avec sa météo moche, froide et humide. Mais il a au moins une bonne chose, il nous ramène la saison des crèches, l’avent et les festivités de Noël. L’année dernière était pour tout le moins une année sans espoir, sans bonheur, et bien entendu sans crèche.. Cette année, j’ai décidé de rattraper le temps perdu et même de mettre les bouchées doubles en partant à la découverte du sentier des crèches d’Alsace.

# Musée des crèches Spaichingen

C’est un très beau programme qui commence bientôt mais dans l’intervalle, je voulais visiter une maison-musée des crèches en Forêt noire dont la tatie Onemei m’avais parlé depuis longtemps. Malheureusement, cela s’est avéré plus compliqué que prévu. La magie du net m’a quand même mis sur les pas de ce superbe musée des crèches en Forêt Noire, à Spaichingen.

# Musée des crèches Spaichingen

Il est situé au sein d’une mission religieuse de l’ordre catholique des Clarétains. En août 2004, un particulier, Karl Gangen, a fait don de sa collection de crèches à la mission, à la seule condition qu’elle l’héberge de manière permanente et qu’elle la rende accessible au public.

# Musée des crèches Spaichingen

Depuis lors, la collection s’est agrandie avec d’autres acquisitions, financées par des dons. La collection d’une cinquantaine de pièces, de toutes les tailles, nous fait voyager dans le temps, sur quatre siècles, et plusieurs continents.

# Musée des crèches Spaichingen

Les crèches exposées proviennent de la région de Naples et de Sicile, du Tyrol, d’Amérique du sud et d’Afrique. Suivant les cultures, la couleur est plus ou moins présente ou intense. Sur les crèches européennes, j’ai été surprise de voir que Marie n’est pas toujours revêtue de bleue, mais de rouge.

Bien sûr mes préférences vont aux crèches africaines finement ciselées, épurées et esthétiques..

Les crèches exposées sont faites en différents matériaux, en bois, en cire, en porcelaine, en tissu, mais J’ai aussi découvert la tradition très ancienne des crèches en papier. On les retrouve en Autriche et en Italie dès le XVIIe siècle.

Je me suis fait traiter d' »hérétique » (par une autre athée bien sûr) parce que je mettais tout de suite l’enfant Jésus dans la crèche. Or il est vrai qu’il ne devrait apparaître que le 24 au soir. Du coup, j’ai planqué un certain nombre de Jésus que je n’ai plus retrouvé… Quoi qu’il en soit une crèche n’est complète qu’avec tous ses protagonistes.. Ici le musée nous montre un certain nombre d’enfants Jésus, précieux et insolites, dont cette grande figurine espagnole, dite Jésus de Prague, datant du 16e siècle et offerte en cadeau de mariage.

La part belle est aussi faite aux crèches miniatures du monde.

Merci à monsieur de m’avoir emmené dans ce lieu magique, même si c’était un peu du style marathon, et merci à Fanfreluche d’avoir fait la traductrice des petites notices uniquement en Teuton!! J’espère que ce large panorama de crèches vous aura plus autant qu’il m’a émerveillé. Je vais tâcher de poursuivre ce périple et de voir encore de belles réalisations. Le moment est enfin venu de sortir nos crèches, alors profitons de ces instants magiques…

# Musée des crèches Spaichingen

Je vous souhaite une très belle journée

Nathalie

Pourquoi je couds, pourquoi je blogue..

Pourquoi je couds, pourquoi je blogue..

Ces questions sont ressorties du mouvement lancé par certaines blogueuses couturières, sur l’impulsion de Mars elle, face à la suprématie de l‘instantané, via les réseaux sociaux et notamment Instagram qui se contentent d’aligner des photos, au détriment des sites et blogs de couture qui ont une approche plus en profondeur de la couture. Cette problématique n’est pas nouvelle, j’ai eu l’occasion à plusieurs reprises de lire par le passé des articles de blogueuses qui souhaitaient faire une pause d’Instagram, de se déconnecter. Ne faisant pas partie des réseaux sociaux – par choix – mon approche pourrait apparaître un peu biaisée. Mais cela ne m’empêche pas de répondre aux questions posées : pourquoi je couds, pourquoi je blogue. J’ai choisi de traiter les deux questions ensemble car elles sont intimement liées en ce qui me concerne.

Usine DMC

Usine DMC

Pourquoi je couds ? La raison en est toute simple. Je couds parce que j’adore ça, ben oui on est dans le domaine du loisir non ? Je suis profondément manuelle dans le sens où j’adore fabriquer des choses et les voir se construire au fur et à mesure. En couture c’est la même chose : on construit un vêtement à partir d’une idée, d’une envie, d’un patron qu’on va plus ou moins modifier. J’aime autant broder, tricoter, coudre à la main qu’à la machine.

Coudre me permet de me vider l’esprit de toutes les contraintes du quotidien et du boulot. C’est comme un voyage dans une autre dimension. Je m’enferme dans mon atelier couture, avec ma musique, du thé et je n’en ressors que quand Monsieur crie à tue tête que le repas est prêt.. Oui j’ai la chance d’avoir un jules qui cuisine. Ne vous extasiez pas (trop!), tout le rangement et le nettoyage, sans parler du linge, sont pour ma pomme!!

Au départ, mes projets étaient modestes et limités, centrés sur le linge de maison mais les cours de couture que j’ai suivi ces dernières années ont élargi mes horizons et m’ont donné envie de tenter l’aventure de la couture des vêtements. A l’heure actuelle, j’aime coudre des vêtements qui me correspondent et que je ne vais pas trouver dans toutes les enseignes. Tant qu’à faire, la couture permet d’exprimer toutes ses envies.

Mes envies ne sont pas celles de la nouveauté, du dernier cri en matière de patron indépendant etc.. Bien sûr je ne suis pas complètement fermée à toutes les nouveautés mais ce n’est pas ce qui me fait vibrer. La mode étant un éternel recommencement, j’en prends ce qui me convient et me correspond, et uniquement ça.. J’aime en particulier les couleurs et les motifs. Celles qui me connaissent savent que je suis une kaki-addict et que je deviens une rouge-addict, ou comme dit Fanfreluche: « red, the new green »!! Coudre ses vêtements permet alors un choix et une liberté extraordinaires, de s’affranchir des canons de la mode, des couleurs de la mode..

J’essaie de trouver des patrons qui me tentent et m’inspirent. Et là je dois dire que cela a été presque la quête du Graal. La recherche du patron idéal il y a longtemps que j’ai abandonné, et surtout compris qu’il n’existait pas. Comment voulez-vous qu’un patron s’ajuste parfaitement à tous et à toutes sans tenir compte de nos différences morphologiques, de nos petits défauts?? J’ai cherché dans les différentes revues qui existent, et chez les créateurs indépendants. J’ai rarement trouvé mon bonheur. Il faut pratiquement toujours reprendre sur un patron, en raison de la stature qui n’est pas prise en compte, et de toutes nos spécificités morphologique. Quand on débute en couture on se cramponne à son patron comme si c’était la vérité absolue. L’expérience aidant, on arrive à s’en détacher (relativement), à le bricoler et à l’adapter parce qu’on comprend mieux comment fonctionnent les patrons et les ajustements et retouches à y apporter. Dans ces conditions, la recherche du patron idéal perd tout son sens, reste à trouver tout simplement un modèle qui plait et à se plonger toujours et encore dans les techniques de patronage..

Il y a peu de choses que je n’aime pas coudre. J’aime autant faire des vêtements que du linge de maison ou des accessoires. Je me braque encore sur les zips et les boutonnières et pour l’instant je suis encore réticente à coudre de la lingerie. Nos expériences en la matière ont été peu concluantes et je panique face une couture d’élastique. Toujours peur que ça ma claque au visage!! Mais j’y travaille..

Ce qui me passionne en outre de plus en plus ce sont les grands noms de stylisme (passés et actuels), essayer de comprendre leur démarche et leur vision. Les quelques expositions que j’ai pu voir ont toujours été magiques, dont la dernière en date. C’est aussi toute l’industrie textile sans laquelle nous ne pourrions pas coudre nos modestes (ou pas !) créations. Comprendre comment est fabriqué un tissu, quelles sont les évolutions de cette production textile, pour mieux comprendre notamment toutes les implications écologiques et chimiques. Nos diverses expéditions pour visiter des musées (Cholet) ou des entreprises textiles (DMC) m’ont permis d’avoir un autre regard sur la production textile.

Métier à tisser de Cholet

La compréhension des tissus est fondamentale mais aussi et surtout leur adéquation avec un projet précis. C’est ce qu’il y a de plus difficile en couture. J’en suis encore aux balbutiements à ce niveau et j’ai encore très souvent des doutes..

Pourquoi je blogue ? Dès le début j’ai souhaité avoir un site pour stocker et archiver les photos de ce que j’avais cousu. Stocker également les questions techniques, tutos et autres qui pouvaient resservir. Voir l’évolution. Souvent je fais des recherches dans mes articles pour retrouver des points techniques, des dimensions etc…

Je suis une maniaque de la compilation, avant je faisais des mini-albums photos thématiques sur nos visites, nos vacances, les réunions familiales etc.. Ce n’est ni plus ni moins ce qu’Internet nous permet de faire. Écrire des articles c’est mettre en œuvre de manière dynamique les réflexions sur un projet, ses différentes étapes.

Je suis aussi une maniaque de l’écriture. Je prends des notes en permanence. J’ai un cahier qui me permet de consigner l’évolution de mes projets de couture. Dès le premier café du matin, j’attrape mon cahier et je griffonne sur les projets en cours, les réalisations, les projets futurs, des idées pour la suite.. La rédaction des articles à publier est néanmoins une autre paire de manches et c’est vrai que cela prend du temps, en tout cas pour moi. Plusieurs heures sont en général nécessaires, parfois plusieurs jours notamment sur des articles que j’ai pu écrire à la suite d’expositions ou de visites de musées. Alors quoi de mieux qu’un site ou un blog pour stocker les photos, écrire des articles, faire ces synthèses..

Usine D.M.C.

Usine DMC

Les blogs et sites de couture sont un lieu formidable d’échanges et de partage de l’expérience en couture. Lorsque je suis face à une difficulté je regarde sur Internet si quelqu’un a été confronté au même problème ou si quelqu’un a trouvé des solutions. Ils permettent de voir les réalisations d’un patron qui nous tente, de voir le rendu et surtout d’avoir des avis, positifs et négatifs. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai appris à coudre grâce aux sites de couture. Pour ça, nos cours de couture ont été (et sont encore) extrêmement formateurs. Nous y avons appris les bases, les bons gestes, comment réfléchir face à un patron qui pose problème. Mais les sites apportent néanmoins une aide appréciable surtout dans les grands moments de solitude ou face à un problème nouveau ou inattendu!!

Mercerie Fil amant

Au fil amant

C’est aussi un moyen extraordinaire de rencontrer des gens qui partagent notre passion et avec qui on prend plaisir à échanger comme ici le temps d’une rencontre avec Nabel à Nantes. Et tous ces petits commentaires qui font notre bonheur. Ce n’est pas simplement pour s’entendre dire : Wow ! c’est beau ce que tu as fait.. Ce que j’aime dans les commentaires c’est une dynamique qui permette d’aller plus loin avec des questions portant sur des points particuliers, des questions techniques sur le montage d’un vêtement, sur la nature du tissu, un véritable échange! C’est ce qui fait toute la richesse de nos sites et de nos blogs de couture.

Annabelle

Alors pour 2020 je nous souhaite à toutes (et à tous) de continuer à bloguer et à échanger avec ce monde merveilleux de la couture avec ferveur et passion!!

Nathalie

Calendrier de l’Avent en bois

Calendrier de l’Avent en bois

Cette année, pour célébrer l’Avent, Augustine et sa Maman ont fait un atelier peinture et bricolage et ont réalisé un calendrier de l’Avent en bois. Le résultat m’a tellement plu que je n’ai pu m’empêcher de le partager avec vous.

Elles ont acheté chez Cultura une maisonnette en bois brut prête à peindre et à décorer.

Puis, après quelques séances de peinture et de collage, avec la participation active d’Augustine, voici la jolie maisonnette calendrier de l’Avent en bois.

Et je sais que les parents ont bien garni les tiroirs. A chaque jour son petit cadeau et sa surprise.

Je vous souhaite une belle période de l’Avent. C’est trop chouette d’attendre Noël !

Fanfreluche

Exposition Back Side, la symbolique du dos

Exposition Back Side, la symbolique du dos

L’exposition Back Side (Dos à la mode) est organisée conjointement par le musée Galliera (actuellement en travaux) et le musée Bourdelle, à Paris. Le parti pris est de montrer des vêtements « de dos ». Je dois dire que ce concept m’a vraiment emballée. La plupart du temps, les modèles ne sont présentés que de face, et dans nos modestes créations nous portons aussi tout notre intérêt sur le devant. Le musée Bourdelle est l’atelier du sculpteur Emile-Antoine Bourdelle. Il contient bien sûr énormément de statues et sculptures mais aussi de ravissants jardins intérieurs. Tout y invite à la sérénité : des transats, des bancs dans les jardins, des bosquets d’hortensias… Les organisateurs de l’exposition ont vraiment mis en valeur les vêtements avec les œuvres du sculpteur.# Exposition Back side (Dos à la mode) Musée Bourdelle

Cette exposition vise à montrer l’évolution de la construction des vêtements féminins (il y a assez peu de pièces masculines) au travers de la symbolique du dos. Bien sûr elle nous montre des pièces dont le dos est travaillé, dont le dos constitue en quelque sorte tout l’intérêt du vêtement et le point de convergence du regard. Mais au delà des spécificités des vêtements exposés, il y a toute une réflexion sur la symbolique du dos et sur la perception de la femme au travers de ses vêtements, avec différentes thématiques.

Préambule

Une première grande salle, le hall des plâtres, présente cinq vêtements contemporains de haute couture ou de prêt à porter, de genre assez différent. Les mannequins trônent majestueusement au milieu de statues monumentales. Pour cette première photo de l’exposition j’ai pris le contre-pied du thème sur cette photo puisque quand on rentre dans cette immense salle, tous les mannequins sont de dos, bien entendu!# Exposition Back side (Dos à la mode) Musée Bourdelle

La robe Thaïs (Givenchy, haute couture) a été portée par l’actrice Cate Blanchett, à l’occasion du Festival de Cannes en 2018 où elle en était la présidente. Le corsage est effectivement très contrasté entre le dos et le devant:

La robe brise (Chloé, version contemporaine de 2019) est toute aussi spectaculaire, avec des perles tubes de verre et strass Swarovski. Le dos se veut être un pommeau de douche aux goutes de perles…

La robe retenue pour l’affiche de l’exposition, de Martine Sitbon (reconstitution contemporaine, modèle d’origine de 1997-1998) était protégée par une barrière donc pas de possibilité de la prendre de face. Sur une des vidéos du site de la créatrice, elle apparaît de face. Elle reste vraiment magnifique.. de dos, de par sa construction géométrique qui épouse parfaitement la forme du corps.

Dans l’atelier de Bourdelle, deux modèles de Comme des garçons (1997) présentent une vision du « dos remodelé » et nous renvoient à une vision critique du corps idéal. Intéressant comme exercice de style, à noter que les protubérances sont amovibles…

Le gros de l’exposition se poursuit dans l’aile moderne Portzamparc du musée.

Dos absent (paradoxe du dos)

L’exposition met l’accent sur l’absence du dos dans le monde de la couture et de la mode. Un mur entier est couvert de photos des défilés de la dernière saison de prêt à porter 2019: 79 défilés, 3524 silhouettes proposées, toutes montrées de face. Les medias, avec leur recherche de rapidité de diffusion, se focalisent sur ce qu’ils estiment essentiels: les prises de vues des  devants des créations et font l’impasse sur le dos. Ce qui a des conséquences sur le processus de création puisque les dos travaillés ne sont pas toujours privilégiés par les créateurs.

Dos oubliés

Des pièces du vestiaire masculin et féminin nous montrent le caractère accessoire du dos. L’ancêtre du costume pour homme était constitué d’un gilet, d’une culotte et d’une veste. Le gilet était richement décoré sur le devant mais il n’était pas jugé nécessaire de faire des efforts pour le dos puisqu’il était caché par la veste qui ne devait pas être enlevée. Le dos était donc cousu dans un tissu de moindre qualité, en lin ou en chanvre. Certains vêtements de femme utilisent ce même artifice et on a toutes eu recours: un joli tissu imprimé devant et comme on en n’a pas assez, un tissu uni du fond du stock pour le dos. Tous ces vêtements étaient protégés par une vitrine donc impossible de voir le devant (seul intérêt de ces pièces!).

# Exposition Back side (Dos à la mode) Musée Bourdelle

Dos sillages (traine)

La traine allonge et prolonge la ligne du dos. C’est une construction très esthétique qui souligne le mouvement de la marche.  Sa présence sur les vêtements a considérablement variée au fil du temps. Symbole du pouvoir, elle s’est faite démesurément ostentatoire, sa longueur étant proportionnelle au rang de la personne. Puis décriée comme étant l’incarnation de la vanité et du mal, elle a été bannie, pour réapparaître de manière plus « raisonnable » à partir du XIXe siècle. La traine a disparu du vestiaire masculin. Pièce essentiellement féminine, elle apparaît sur certaines robes du soir et reste l’apanage de la robe de mariée, comme cette robe (haute couture (Maggy Rouff, 1934), pour témoigner du caractère solennel de l’événement (pas du pouvoir de la femme..).

# Exposition Back side (Dos à la mode) Musée Bourdelle

Des exemples de traine sur des robes du soir et une pièce vraiment très originale, la robe Trench-coat, signée Jean Paul Gaultier:

 

Dos chargé (ou comment en avoir plein le dos!)

De tout temps, le dos a été la partie du corps la plus sollicitée pour porter des charges en tout genre. J’en sais quelque chose avec mes sacs lourds (surtout le sac de couture!). L’exposition nous montre comment les sacs, et en particulier les sacs à dos, ont été intégrés par les plus grands couturiers dans des vêtements. Des pièces originales, pas nécessairement très pratiques, notamment en terme de solidité du vêtement, mais il fallait y penser!

# Exposition Back side (Dos à la mode) Musée Bourdelle

Nick Clavers manteau toile de nylon (98); Yohji Yamamoto robe à traine sac à dos (2001); Rick Owens collection Cyclope (2016)

Quelques détails de dos, y compris d’un modèle homme exposé dans le hall des plâtres:

Dos ailé

Le dos ailé reste une extravagance, une excentricité, assez peu exploitée en couture pour des raisons pratiques et de coûts évidents. Certains créateurs ont fantasmé sur des représentations d’oiseau ou d’insectes. Thierry Mugler a réalisé un défilé intitulé « L’Hiver des Anges » en collaboration avec le plumassier Lemarié dont on peut voir une superbe robe ailée :

# Exposition Back side (Dos à la mode) Musée Bourdelle

A gauche Thierry Mugler (84-85) L’hiver des anges; à droite Charles James (haute couture) (fin des années 30) manteau du soir

Alexander McQueen a également beaucoup travaillé sur les ailes, cette robe que l’on peut voir recto verso (photo de gauche et au milieu) est issue de la collection posthume « Anges et démons », sa représentation des ailes est dans le dessin (2010-2011).

Dos contraint (l’entrave)

Pour mettre en valeur un vêtement, l’ajustement se fait dans le dos avec tout un éventail de contraintes et fermetures: laçage, boutons, crochets… c’est là une grande différence par rapport au vestiaire masculin où rien ne se ferme dans le dos. Contrainte physique du dos et dépendance de la femme pour fermer ses vêtements. La fermeture à glissière dans les années 30 va contribuer à « libérer » les femmes, grâce à des créatrices plus sensibilisées à la question, qui vont même jusqu’à les poser sur le côté ou devant.

# Exposition Back side (Dos à la mode) Musée Bourdelle

JP Gaultier (haute couture) combinaison corset « Passe-passe » (2003-2004); Givenchy (haute couture) Intrigante body manteau (2018-2019); Yohji Yamamoto robe et chapeau (2018); Lanvin robe jersey et plume d’autruche (2010-2011).

Cet échantillon (d’œuvres bien contemporaines comme quoi la libération des femmes n’est pas encore totale!) nous montre de gauche à droite, le laçage (lacet de 8,58 m passé à travers 166 œillets), les agrafes et les boutons:

Il n’en demeure pas moins que ces dos contraints sont esthétiquement très beaux et chargés d’érotisme puisqu’ils invitent bien entendu à l’effeuillage ou au déshabillage. Cette robe fourreau de John Galliano (1998-1999) à la forme sirène est fermée par 51 boutons dans le dos. Elle captive tellement le regard qu’on en oublie la symbolique…

 

Dos marqués (motifs et marques)

Le dos est une large surface plane qui se prête parfaitement aux motifs placés, broderies et autres décorations. A l’origine on les trouvaient surtout sur les vêtements sacerdotaux pour des raisons évidentes: ils étaient destinés à être vus des paroissiens. Cette tendance a été reprise dès les années 20 dans le monde de la couture: grands motifs sur des manteaux, grands nœuds sur les robes.

# Exposition Back side (Dos à la mode) Musée Bourdelle

Premier plan Jean Patou par Christian Lacroix (haute couture) 86-87) robe du soir; Paul Poiret Les croisières de la mode (haute couture) 1935-1937 robe de bal costumé

Des pièces plus « anatomiques » avec la veste queue de pie d’Alaïa en peau de crocodile qui dessine la structure du dos, ou ce corset anatomique d’Alexander McQueen (pour Givenchy) en cuir.

Ou encore d’autres modèles plus excentriques:

Ces décorations dans le dos vont évoluer progressivement vers des messages et symboles en tout genre qui seront également exploités en termes de logos sportifs ou militaires et de publicité. Entre reconnaissance élitiste ou publicité gratuite, faites votre choix…

Sont également exposées toute une série de photos de la photographe Susan Barnett, prises dans le cadre de son projet « Not in your face« . La photographe a choisi de prendre en photos des inconnus en raison de certains messages et / ou images affichés sur le dos de leur vêtement, pour comprendre la personnalité de ces personnes et leur reconnaissance en tant que groupes. # Exposition Back side (Dos à la mode) Musée Bourdelle

Dos nus

Le dos nu est « la pièce de résistance » de l’exposition. Cette partie compte en effet le plus de vêtements. C’est un tourbillon de robes, aux formes et couleurs extravagantes et variées. Le dos nu est un des symboles de la libération du corps des femmes. Il est né dans les années 1910 et a connu un essor dans les années 20. Les femmes peuvent enfin bouger librement dans leur vêtement et ne craignent plus de se dévoiler.

# Exposition Back side (Dos à la mode) Musée Bourdelle

Guy Laroche haute couture) 1972 crêpe de soie, intérieur jersey

Après la rigueur vestimentaire de la 2e guerre mondiale, le dos nu fait sa réapparition dès les années 60 pour exploser dans les années 70. Une des pièces maitresses est la fameuse robe portée par Mireille Darc dans le « Grand blond avec une chaussure noire. L’actrice avait demandé de privilégier un décolleté dans le dos. Il en a résulté  un vertigineux « décolleté de fesses » avec une chainette dans le dos pour maintenir la robe. Pour les femmes dotées d’une poitrine modeste, le dos nu permet de « compenser » et de mettre en valeur le dos.

Même procédé avec cette superbe robe d’Yves Saint Laurent en crêpe de laine noire avec un dos orné de dentelle. Le dos nu permet habilement de jouer des contrastes et d’envoyer des signaux contradictoires ou plus subtils. Avec un devant strict, parfois complètement fermé, il joue l’effet de surprise en dévoilant le dos y compris jusqu’à la cambrure des reins.

Il se combine également avec tout un jeu de lanière, bretelles pour que la robe puisse rester en place et permet aux créateurs d’exprimer toute leur imagination.

Les robes noires sont visibles de dos et de face et l’ensemble des robes se reflète dans un jeu de miroirs:

Les robes plus colorées, face au mur, n’offrent au regard que leur dos somptueux:

Cette exposition se poursuit jusqu’au 17 novembre 2019. Si vous êtes dans le coin, elle mérite vraiment le détour. Très bon week-end encore festival qui pourrait nous permettre de sortir nos dos nus (sans tichirte!)..

Nathalie