La combi pour l’amour du risque

La combi pour l’amour du risque

Cela fait longtemps que je lorgne les combinaisons pantalon qui fleurissent dans les magazines et sur les réseaux sociaux. J’admire ces jolies filles grandes et fines parfaitement mises en valeur par ces vêtements tendance. Et du coup je me suis prise à rêver de les imiter. Et pourtant, je sais que je n’ai ni la morphologie, ni la taille idéales pour ça, mais voilà, j’ai l’amour du risque.

Les copines du cours de couture ont eu beau essayer de me dissuader (les combinaisons sont pour les grandes, ça risque de ne pas t’aller, t’as pensé aux pauses pipi etc, etc…), rien à faire, quand j’ai un truc en tête… Donc, je suis allée de l’avant.

La combi – le projet se concrétise

Pour commencer j’ai recherché le patron qui correspondait à mes attentes. Ce qui me plaisait c’était une coupe pas trop ajustée, mais un peu cintrée quand même, avec un joli décolleté. Le pantalon ne devait pas être trop large non plus.

Finalement j’ai trouvé exactement ce qui me plaisait sur la page de couverture du Burda Plus 01/20. C’était une combinaison en lin que vous trouverez sur le site de Burda Style. Elle réunissait la plupart des éléments que je recherchais. De plus, elle présentait un joli décolleté cache-cœur, avec une série de trois plis sur le pan droit du devant. Bref, tout à fait comme j’aime. Ce décolleté m’a tout de suite rappelé celui de ma robe portefeuille en viscose bleu lavande, que j’adore.

En réalité, je voulais coudre ma combinaison dans un tissu mélange laine et soie acheté tout exprès chez Ellen Décoration à Troyes. Mais Marie me l’a déconseillé, étant donné que ce tissu, assez lourd, risquait de créer un gonflant au niveau des plis et de la taille et ainsi d’ajouter du volume là où il y en a déjà bien assez. Alors j’ai déterré de mon stock un vieux coupon de lin lavé gris, acheté il y a plusieurs années au Marché des Hollandais, auquel je n’avais pas trouvé d’utilisation jusque-là.

Et, qui l’eut cru, même la Fashion police de Stutzheim (en d’autres termes les copines couturières du Fil Amant) a finalement validé le projet malgré les réticences initiales. Voilà, j’étais parée.

La réalisation de la fameuse combi

Après une mise à jour de mes mensurations et une vérification des pièces du patron, je suis partie sur la taille 46.

Le pantalon, plain sailing !

En d’autres termes, pas de difficultés particulières. Comme d’habitude, j’ai repris la forme de la fourche parfaitement adaptée à mon postérieur et pour le reste aucun problème, étant donné que la taille est élastiquée. Pas même une petite fausse braguette pour s’amuser.

Alors, certes, il y avait des poches plaquées prévues par le modèle, mais personnellement j’ai préféré les remplacer par des poches italiennes cachées à l’intérieur du pantalon. Je profite de la photo pour vous montrer également la ceinture assortie que j’ai cousue.

Passons au buste de la combi

J’ai eu un petit doute pour ce qui est la largeur de la taille au dos. Par conséquent, j’ai préféré ajouter un centimètre de chaque côté, en venant mourir à zéro sous l’emmanchure.

Puis, j’ai bâti toutes les pièces du buste et j’ai procédé au premier essayage. Conclusion : pas trop mal, mais peut-être un peu trop ample sur le devant. En accord avec Marie, j’ai donc élargi la pince de taille de trois centimètres et allongé la pince de poitrine de cinq bons centimètres afin que la pièce buste se positionne mieux sur moi.

Ces retouches une fois réalisées, le buste cache-cœur était bien plus seyant. Et j’étais plutôt contente. Seulement voilà, la retouche a eu pour conséquence que les coutures côté buste et pantalon, à gauche du vêtement, n’étaient plus alignées.

Franchement, lorsque je m’en suis aperçue, c’est-à-dire, une fois les deux faces de la ceinture montées, je ne voyais pas comment faire pour arranger ça. Et puis, comme nous disons souvent lors du cours de couture, « le mieux est l’ennemi du bien ». De plus, étant donné que la ceinture allait être élastiquée, je me suis dit que ça passerait inaperçu.

Bon, je m’aperçois que la ceinture nouée cache tout à fait l’objet du délit. Donc, tout va bien.

Quoi d’autre ?

Pour se désincarcérer de la combinaison pour l’amour du risque, l’ami Burda proposait de poser, dans le dos, une fermeture glissière invisible de 60 cm de long. Cela promettait quelques contorsions, mais j’ai décidé de tenter le coup. Résultat : ça va (en tout cas les jours où je n’ai pas de lumbago).

En revanche, Marie a attiré mon attention sur le fait que la couture de la fermeture invisible risquait d’être compliquée parce qu’elle passait au milieu de la ceinture dos élastiquée. Il est vrai que cela promettait de créer des tensions à cet endroit là, ainsi que des surépaisseurs difficiles à gérer.

Nous avons donc décidé de fixer l’élastique quelques centimètres avant la fermeture à glissière. De cette façon, la fermeture s’est posée bien comme il faut tout du long.

Et voilà, là aussi le tout est caché par la ceinture nouée. Il faudra me croire sur parole.

L’autre modification que j’ai apportée a été conditionnée par le manque de tissu. Le modèle prévoyait des manches plus longues, retenues par une patte de manche et un bouton. Moi j’ai simplement décidé de couper des manches courtes. J’ai toutefois gardé la patte d’épaule et j’ai choisi deux petits boutons Edelweiss pour les tenir en place.

Pour terminer, un mot sur la parementure d’encolure, que j’ai coupée dans une cotonnade légère à pois – toujours par manque de tissu. Je suis contente de la façon dont elle se pose. Il se pourrait même qu’il ne soit pas nécessaire de poser un bouton de sécurité pour maintenir les deux pans de l’encolure en place. Je verrai cela à l’usage.

Et pour finir, l’avalanche de photos de la combi pour l’amour du risque

C’est tout pour aujourd’hui. Je vous salue comme il se doit.

A bientôt pour d’autres aventures.

Fanfreluche

Robe asymétrique flow and swing

Robe asymétrique flow and swing

Je suis toujours à l’affut d’un modèle de robe en jersey qui sort un peu de l’ordinaire. Là pour le coup ce modèle m’a tapé dans l’œil. Issue de la revue Ottobre Women n° 6/2023 (modèle n°10), cette robe avait tout pour me plaire : longue, asymétrique, avec manche marteau et un petit col roulé. Rien de bien compliqué au niveau du montage à première vue. Un projet simple mais qui en jette !!

# Flow and swing Ottobre Women n° 6/202

Pour ce projet j’avais envie d’uni (ben si !) et devinez quoi, de kaki pour changer !! Le métrage requis est assez conséquent puisque la partie jupe a des plis tout autour au niveau de l’assemblage du corsage. Pour la plus petite taille il faut 2,40 m. J’ai pris un jersey kaki de la mercerie du Fil amant. ,Sachant qu’Ottobre taille grand j’ai décalqué le 36 et 38, et le 36 s’est avéré plus que suffisant.

Je me suis dit que ce serait un projet rapide à conclure mais c’était sans compter sans le patronage un peu flou…

Un patronage prise de tête

Le décalquage des pièces n’est pas compliqué. Les planches patrons d’Ottobre ne sont pas les pires que je connaisse. La difficulté ici est l’asymétrie donc chaque pièce a son miroir. Pour la coupe, les pièces doivent être décalquées dans leur intégralité. J’ai coupé toutes les pièces sur l’endroit du tissu en prenant soin d’avoir les bons côtés ensemble (corsage et jupe). Pour la partie corsage, c’est assez simple à comprendre entre les photos et les dessins techniques.

# Flow and swing Ottobre Women n° 6/202

Par contre là où ça se corse c’est pour la partie jupe. Le dessin technique montre qu’il y a 4 pièces à décalquer et à assembler ensemble. Puis sont dessinées les jupes devant et dos dans leur intégralité, en haut à droite. Mais entre les pièces à assembler telles qu’elles sont montrées et les deux panneaux de jupes finies, il y a comme qui dirait un fossé. J’ai tout tourné dans tous les sens sans comprendre. Mon erreur a été de me fier aux quatre pièces assemblées. Il y a bien des symboles à différents endroits mais aucune explication n’est donnée sur leur signification et raccord. J’ai même regardé sur le site d’Ottobre mais je n’ai rien trouvé.

Dépitée j’ai ramené le tout en cours. Il nous a fallu deux bonnes heures pour comprendre l’agencement des pièces de la jupe. Pour celles que l’expérience tenterait voici le décryptage du puzzle. J’ai nommé les différentes pièces pour résoudre l’énigme : 4, 4’, 4a et 4a’. Et non il ne faut pas prendre les quatre pièces telles que présentées pour chaque jupe. Elle se construit avec d’un côté : 4 + 4a + 4a’ et de l’autre côté, au niveau de la ligne de pointillé, en retournant les pièces avec 4’ + 4 + 4a.

Après avoir péniblement redécalqué des morceaux et tout bien scotché, j’ai eu un doute affreux sur la longueur et la stature. Elle est quand même de 1,64m à 1,72m pour Ottobre alors que je ne mesure qu’1,60m. Au niveau de la partie corsage tout tombe bien, pour cause de buste long… Mais la jupe était démesurément longue. Il a donc fallu recouper au milieu de chaque pièce de jupe pour la raccourcir et rescotcher le tout.

Une semaine plus tard, j’ai trouvé le même genre de modèle, Dill Dress, de Mood Sewcity avec un patronage beaucoup plus clair question jupe. Elle est plus simple, sans col roulé ni manche marteau. Elle paraît également extrêmement large avec un positionnement un peu trop bas de la jupe mais c’est un patron gratuit. C’est une version chaîne et trame (lin, viscose, double gaze).

Les ajustements requis

J’ai fait un premier bâti de la robe dont le résultat s’est avéré profondément affligeant… Les manches tiraient sur le devant de l’encolure, la pince milieu de la manche était également positionnée un peu trop en arrière mais là impossible de la déplacer puisque cette pince est coupée. Elle est donc restée là où elle était. J’ai pu en revanche relâcher au niveau de la carrure sur le montage des manches.

# Flow and swing Ottobre Women n° 6/202

Pour le reste c’était un véritable bibendum. Vue de côté, avec tous les plis c’était juste horrible. Arghhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !! Marie a attrapé ses épingles et a retouché de manière draconienne sur les cotés du corsage et sur la partie jupe. Elle a enlevé environ 4 cm de chaque coté de la jupe (sur le dos et le devant). Devant ma mine dépitée à l’idée de devoir tout recouper et refaire les fronces, elle m’a dit non tu couds sur la retouche, tu ne refais pas les fronces.. ouf..

Sur la partie « marteau » des manches j’ai cousu à la machine pour ne pas me louper, avec le fil extensible Maraflex (point droit). J’ai également cousu de la même manière l’assemblage jupe et corsage après avoir surjeté le tour froncé pour stabiliser les fronces. Sur les côtés j’ai pas mal hésité entre surjeteuse et machine à coudre. A cause des épaisseurs j’avais peur que cela entraîne un décalage. J’ai finalement opté pour la surjeteuse, après avoir recoupé l’excédent de tissu. La première couture s’est faite sans difficulté, la seconde a un peu patiné mais sans trop de dégât.

Pour l’ourlet de la jupe, j’avais rajouté 2 cm. La partie en pointe s’est plutôt bien positionnée et l’ourlet s’est laissé coudre sans faire de chichis..

Le montage du col est hyper simple, faut juste pas se gourer et mettre la couture milieu dans le dos. Vu la masse de tissu, j’étais un peu perdue entre le devant et le dos. Le col se pose bien sur l’encolure et j’ai assemblé le tout à la surjeteuse.

Le shooting dans le shooting

Je dois admettre que j’étais très sceptique même avec les retouches mais je suis allée jusqu’au bout du projet. Finalement, je reconnais qu’elle n’est pas trop mal. Elle gagnerait en aisance au niveau carrure mais pour le reste elle est très confortable.

Fanfreluche a mitraillé sous le regard de Marie qui n’en a pas perdu une miette !! Merci à toutes les deux pour les photos.

Nouveau châle Saint Malo

Un dernier mot sur le châle, très récemment tombé de mes aiguilles. Il s’agit d’une nouvelle version du modèle Saint Malo (tuto chez Soie et laine). J’avais réalisé une première version pendant le premier confinement (ici) dans une laine dans les tons de kaki. C’est toujours un de mes chouchous et j’espère que cette version rouge le deviendra aussi.

Bon certes ce n’est pas la même qualité de laine. Le premier était en merino et alpaga. Celui-ci a été tricolté avec la laine Gomitolo Versione, coloris 424 (rouge avec dégradé). Elle se compose de 60% de laine et 40% de polyacrylique. Cela fait toute la différence, il est bien moins moelleux et doux que le premier. Je pense que j’ai fait à peu près les mêmes dimensions que le premier. Tricot sans prise de tête, le point est simple et très visuel, et cette fois je n’ai même pas compté les mailles… J’ai fait la même finition en picots.

Je vous souhaite un très bon week-end.

Nathalie

La complexité du bonnet

La complexité du bonnet

Ces derniers temps il a fait très froid chez nous et nous nous sommes rués sur nos bonnets. Le voyou de Sherlock est passé par là. Il a bouffé le pompon du beau bonnet que Fanfreluche m’avait tricoté, et deux fois.. Ben oui la première fois j’avais paumé mon bonnet et Fanfreluche a eu la gentillesse de me le refaire! Et Sherlock a également laissé de jolies traces de crocs dans le bonnet de Monsieur.

J’ai réparé le bonnet de Monsieur. Mais son anniversaire approchant je me suis dit que j’arriverais bien à lui en faire un tout beau. J’ai trouvé un joli modèle simple chez Drops. Bien sûr je n’ai pas fait d’échantillon et je me suis lancée direct dans le tricot en rond, une première pour moi. J’étais très fière de moi parce que j’ai bien réussi à fermer le cercle sans vriller le rang. Mais après quelques rangs je me suis rendue à l’évidence qu’il serait bien trop petit pour lui…

J’ai laissé de côté en me disant qu’il m’irait probablement. En ce moment j’ai tendance à laisser trop de projets de côté… Bref, j’ai continué à chercher sur la toile et je suis tombée sur un tuto (Renard et caramel) avec patron gratuit pour coudre un bonnet en maille. Ça c’était plus dans mes cordes et plus rapide!!

J’ai téléchargé le patron. Même en taille 58 je l’ai trouvé un peu petit, mais bon. J’ai sorti mes bords côte qui s’empilent et que je n’utilise pas. J’en ai trouvé deux qui pouvaient aller ensemble. La couture est effectivement hyper rapide en quatre coups de surjeteuse, l’affaire est pliée.

Là encore très fière de moi mais le bonnet s’est avéré une fois de plus trop petit pour lui et trop grand pour moi!! Quand ça ne veut pas!!! Depuis ce bonnet a trouvé une heureuse acquéreuse, ouf c’est déjà ça!

J’ai ressorti ma règle et j’ai entrepris d’agrandir le patron. Cette fois j’ai pioché dans un petit bout de molleton bien élastique, dans le stock depuis pas mal de temps, probablement acheté chez les Hollandais. J’ai fait le bonnet et sa doublure dans le même molleton. Couture toujours aussi rapide et nouveau fiasco, trop grand, trop moche sur sa tête. Là encore je finirai bien par trouver quelqu’un à qui il ira.

Vous l’aurez compris, j’en ai soupé des bonnets!! Comment une chose aussi petite et simple peut être si compliquée. J’ai pris la bonne résolution de mesurer son bonnet et de tricoter un échantillon pour tomber sur les bonnes dimensions. Une fois que les projets en cours seront finis.. Après après!!

Très bon dimanche

Nathalie

Hubert, le gilet aux mille poches

Hubert, le gilet aux mille poches

Je vous présente aujourd’hui ce modèle pour homme, un gilet aux mille poches en velours côtelé, que je me suis permise de baptiser Hubert, du nom du monsieur à qui il était destiné.

Il s’agit de la reproduction à l’identique d’un modèle datant d’une bonne trentaine d’années, usé jusqu’à la trame, mais que son propriétaire continuait de couver comme la prunelle de ses yeux. Toutes mes excuses, j’ai oublié de faire une photo du gilet précieux.

Le gilet aux mille poches – le défi

En cousant le gilet aux mille poches je suis clairement sortie de ma zone de confort.

Tout d’abord parce que je n’ai guère l’habitude de coudre du velours, donc je ne savais pas combien il est difficile à discipliner. Le velours ça glisse.

Ensuite, la reproduction d’un vêtement existant, en suivant au maximum la forme et le style d’origine, ce n’est pas trop ma tasse de thé. Je ne m’appelle pas Nathalie moi ! (Si vous ne voyez pas de quoi je parle, je vous invite à consulter son article sur le pantalon bleu de travail.)

Pourtant, me direz vous, un gilet droit sans manches, ce n’est pas bien compliqué. En effet, le patron en tant que tel est très simple. Je l’ai dessiné avec l’aide de Marie du Fil amant, en partant d’un modèle Burda pour homme des années 70, si je me souviens bien.

Là où ça se corse, c’est pour reproduire la ribambelle de poches du gilet d’origine, caractéristique particulièrement appréciée par son propriétaire : des poches passepoilées, des poches à revers, une petite poche à soufflet (que j’ai zappée), une poche passepoilée zippée, deux poches intérieures, des poches et encore des poches…

Le gilet aux mille poches – un projet au long cours

J’avoue que lorsque j’ai pris en charge ce projet, j’avais quand même une petite idée des difficultés qui m’attendaient.

Je l’ai d’ailleurs laissé mariner bien deux mois avant de me lancer. Il me semblait que le gilet d’origine ne manquerait peut-être pas trop à son propriétaire pendant l’été. C’est donc en septembre que j’ai commencé à tracer le patron, puis à découper le tissu.

Le dos du gilet est coupé au pli, avec un empiècement d’épaule qui empiète sur le devant.

Gilet à mille poches

Le devant est également composé de deux pièces. Une partie haute et une partie basse, avec une grande poche à revers prise en sandwich. Dans la partie basse du devant, il y a des poches passepoilées avec entrées de poches en velours.

Dans la partie droite en haut, il y a une poche zippée passepoilée (c’est celle qui m’a le plus fait souffrir) et de l’autre côté, après avoir bien galéré pour la poche à droite, j’ai décidé de faire une simple poche plaquée.

Ensuite, à l’intérieur du gilet d’origine, il y avait encore deux poches passepoilées horizontales dont l’une coupée à cheval sur la parementure et la doublure.

Vous noterez que lorsque j’en suis arrivée à ce stade du projet, j’ai un peu levé le pied et j’ai simplifié. Sans cela, le gilet aux mille poches n’aurait sans doute pas été terminé avant Noël. J’ai donc remplacé les deux dernières poches par des poches plaquées, dont l’une fermée par une petite bande de velcro pour y ranger le téléphone ou tout autre objet à protéger et l’autre une petit poche à malice, avec doublure à fleurs et ma petite étiquette bien cachée.

Pour finir, la doublure

Pour reproduire la doublure du gilet d’origine, j’ai choisi un tissu matelassé noir, qui s’est avéré très facile et agréable à travailler. Je n’ai aucune difficulté particulière à rapporter pour cette étape là. De plus, ce tissu matelassé est très agréable à porter et je pense qu’il doit bien contribuer au confort du gilet aux mille poches.

Les difficultés rencontrées

Sous ce chapitre, je vais surtout vous parler de la poche passepoilée zippée (voir photo plus haut).

Je m’y suis attaquée après avoir déjà réalisé les deux poches passepoilées sur le devant de la veste. Donc, je n’étais pas en terrain inconnu. Pourtant, l’ajout du zip et les étapes de sa pose, puis de celle des dessus et dessous de poches, m’ont d’abord laissée perplexe.

Pour y voir plus clair, j’ai fait une pièce d’étude avant de me lancer. Et puis je suis passée aux choses sérieuses. J’ai bien posé le zip et le fond de poche (avec l’entrée de poche en velours qui va bien), j’ai incisé le tissu comme prévu et en passant les pièces sur l’envers, c’est là que j’ai compris que mon fond de poche était à l’envers. Par conséquent, au niveau de l’entrée de poche, c’est l’envers du velours qui était visible. Il a donc fallu défaire et refaire. Je ne vous explique pas la galère lorsqu’on a déjà créé l’ouverture et qu’il faut recommencer. Ré-entoilage, retraçage, re-bâti etc…

Enfin, j’en suis venue à bout. Le résultat est loin d’être nickel, mais voilà, pas moyen de faire mieux.

Le gilet aux mille poches – Epilogue

A part cela, dans l’ensemble tout s’est plutôt bien passé. Ou alors j’ai oublié. Il faut dire quand même que j’ai énormément joué du découvite. Je crois qu’il n’y a pas une seule couture que je n’ai pas refaite deux, voire trois fois.

Le gilet Hubert m’a donc pris beaucoup de temps, mais je crois qu’il a plu à son destinataire. Donc, il le valait bien. Le voici porté.

Sur ce, je vous salue et je vous souhaite une merveilleuse année 2024, une année fructueuse, créative et surtout, en pleine forme.

Grosses bises.

Fanfreluche

Le pantalon idéal

Le pantalon idéal

Après le franc succès du bleu de travail de Monsieur (ici), je me suis lancée dans une version de pantalon en lainage, cette fois pour moi. Les jeans c’est confortable mais ça ne tient pas chaud. Et puis il me fallait des pantalons un peu plus habillés.

J’avais dans l’idée un pantalon à jambes étroites, plutôt avec des pinces et taille pas trop haute. Il faut reconnaître que ce type de pantalon est plutôt rare dans les marques de patron. Mais j’en ai trouvé quelques-uns qui pouvaient faire l’affaire : Fusain de Blousette rose, Patrick de Coralie Bijasson, Charlie de la revue Ottobre 02/2013, printemps été, Burda pochette n° 6472 et un Burda style d’août 2021 (n°119).

Description du modèle

Finalement Marie m’a sorti une revue d’août 2012 n°129 qui a fini par retenir toute mon attention. Ce modèle existe toujours en téléchargement sur le site de Burda style (ici). Il a l’avantage d’être de facture classique mais avec des poches cavalières originales à angle droit, au lieu de l’arrondi classique. Je préfère de loin ce type de poches contrairement aux poches à l’italienne qu’on retrouve généralement sur ce genre de pantalon et qui ont tendance à bailler sur les côtés.

La jambe devant peut être coupée en son milieu en deux pièces de manière à faire une surpiqûre tout le long. Il est aussi possible d’inclure une fermeture à glissière / fente au niveau de la cheville ou sur la couture du milieu devant. Comme toujours chez Burda les photos du pantalon ne sont pas très parlantes. On ne voit pas les poches ni le rendu du pantalon dans la revue. Sur le site de Burda on voit au moins le pantalon dans son intégralité.

La ceinture est enforme et a l’avantage (pour moi !) de ne pas monter trop haut.

Pour tester le patron, j’ai pris un coupon de lainage ancien, bleu marine, de la mercerie du Fil amant. Pour la doublure des poches et de la ceinture, j’ai utilisé les restes de celle utilisée pour le pantalon de Monsieur, bleue à petites fleurs. La ceinture n’est pas (encore!) parfaite…

Modifications du patron

Comme toujours pour Burda, je décalque le 36 et le 38. Après prise de mesures, pour la fourche j’ai gardé le 38 et pour le reste le 36. La jambe étant très longue, elle a été raccourcie de manière drastique, au niveau du genou, un peu trop au bout du compte.

Après un bâti essayage, le pantalon s’est avéré très laaarge, pas du tout cintré comme je le voulais. Marie a fait des retouches draconiennes sur la jambe dos. J’ai fait un bâti bouclette sur la ligne de retouche. Le résultat a abouti à une forme étrange et très prononcé en termes de recintrage. J’ai repris cette ligne de modification sur le patron et un nouveau tracé de la jambe dos a été fait sur cette base, avec une ligne de retouche moins prononcée. La jambe devant n’a pas été modifiée.

Avant de recouper le surplus, j’ai rebâti le pantalon sur la ligne de retouche. Après un nouvel essayage, les modifications ont été validées. Pour rattraper la longueur, Marie m’a proposé de faire un revers rapporté.

Revers rapporté

Il suffit de prolonger les jambes dos et la jambe devant par une bande de tissu (dos et devant). Au niveau du patronage, mon revers est assez simple vu que cette partie du pantalon était pratiquement droite, donc un simple rectangle a fait l’affaire. Pour un revers de 3 cm j’ai coupé deux rectangles de 8 cm. Les deux rectangles sont ensuite assemblés ensemble (coutures côtés) puis sur la jambe du pantalon.

Ensuite il suffit de replier le revers en deux vers l’intérieur. J’ai tracé une ligne à 1 cm au-dessus de la couture de jonction du revers sur le pantalon et replié le revers sur cette ligne de manière à cacher la couture de jonction. Pour maintenir le revers en place, j’ai cousu à la main à l’intérieur. La couture doit être assez lâche sinon ça a tendance à froncer. Autant le premier revers s’est bien placé, autant j’ai ramé sur le second.

Même avec le rajout de ce revers, le pantalon reste relativement court. Pour la prochaine version, j’ai supprimé la retouche longueur initiale.

Le lainage est hyper agréable et ne gratte pas. Je n’ai pas eu besoin de le doubler. Je suis en train de tester le patron sur un tissu plus sport en lin. A voir au niveau rendu si le patron tient ses promesses d’adaptabilité!

J’ai intégré les passants dans les coutures de la ceinture pour éviter d’avoir à les surpiquer

En attendant de vous monter la prochaine version de ce pantalon, je vous souhaite un très bon dimanche.

Nathalie